Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 07:37

Événements

27 juillet 754
Pépin le Bref est sacré roi des Francs

Le 27 juillet 754, dans la basilique de Saint-Denis, au nord de Paris, le pape Étienne II sacre Pépin le Bref. Il lui confère les titres de roi des Francs et de Patrice des Romains («Patricius Romanorum»).

Les fils et héritiers de Pépin, Carloman et Charles (le futur Charlemagne), sont aussi sacrés par la même occasion. Leur mère, Berthe, n'est pas oubliée. Elle est bénie par le souverain pontife. Pendant le millénaire qui va suivre, tous les souverains de France vont se réclamer de cette cérémonie et se faire sacrer à Naissance d'une dynastiePépin III est issu d'une puissante famille franque d'Austrasie (l'Est de la France et de la Belgique). Né à Jupille, près de Liège, il est le fils cadet de Charles Martel, maire ou «majordome» du palais royal et véritable chef des Francs. Ayant réuni les Francs d'entre Loire et Rhin sous son autorité, Charles Martel gouverne en laissant dans l'ombre le roi en titre, lointain descendant de Clovis.

Dans les dernières années de sa vie, le roi mérovingien Thierry IV étant mort, Charles Martel ne se soucie d'ailleurs pas de lui désigner un successeur.

Quand lui-même meurt en 741, ses deux fils Carloman et Pépin le Bref héritent ensemble de la charge de maire et se partagent les territoires francs. Ils font couronner pour la forme un dernier roi mérovingien, Childéric III. Peu après, Carloman renonce au pouvoir et se retire dans un monastère, laissant à son cadet Pépin le Bref la totalité du pouvoir.

Las des descendants de Clovis, les principaux seigneurs de Francie occidentale (la France du nord) offrent la couronne à Pépin. Ils le proclament roi des Francs au champ de mai de Soissons en 751. L'archevêque de Mayence, l'illustre Boniface, évangélisateur de la Germanie, donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte (le Saint-Chrême).

Les évêques du royaume confirment l'élection par un couronnement et le pape Zacharie, de Rome, donne son assentiment au changement de dynastie : «Il vaut mieux appeler roi celui qui a plutôt que celui qui n'a pas le pouvoir», dit-il en substance. Le transfert se passe sans effusion de sang. Le malheureux Childéric III est déposé et tonsuré (il perd les cheveux longs, signe de pouvoir chez les Francs !). Il va finir ses jours au monastère de Saint-Bertin, près de Saint-Omer.

Un sacre pontifical
Les choses prennent un tour inédit avec l'intervention directe du Saint-Siège dans les affaires dynastiques du principal peuple d'Occident. C'est que le nouveau pape Étienne II est menacé par le roi des Lombards Athaulf (ou Aistulf), un barbare mal dégrossi qui occupe l'Italie à l'exception de Rome.

Le protecteur habituel de l'Église est l'empereur byzantin qui règne à Constantinople sur l'empire romain d'Orient. Mais celui-ci est en mauvaise posture et nullement en mesure de secourir le malheureux pape. Dans ces conditions, Étienne II se résout à traverser les Alpes pour solliciter l'aide du roi des Francs. C'est la première fois qu'un pape entreprend pareil voyage. Il n'a pas d'autre choix.

Le 6 janvier 754, au palais de Ponthion, au sud de la Champagne, le roi Pépin vient au-devant du pape et, avec déférence, prend la bride de son cheval. Habile politique, il reproduit de la sorte le geste d'allégeance de l'empereur Constantin le Grand à l'égard du pape Sylvestre 1er.

Le 14 avril suivant, à Quierzy-sur-Oise, au nord de Paris, Pépin s'engage à offrir au pape un domaine assez grand pour le mettre à l'abri de toute agression et lui reconnaît une pleine souveraineté sur l'Italie centrale et la région de Rome, les futurs États pontificaux...

Une donation embarrassante
La donation de Pépin au Saint-Siège, renouvelée par son fils et successeur Charles (futur Charlemagne) pose problème car les territoires en question relèvent virtuellement de l'empereur de Constantinople ! L'administration pippinide ou carolingienne lève l'obstacle en produisant vers 778 ou 800 un document apocryphe, sans doute le faux le plus célèbre du Moyen Âge : la «donation de Constantin».

Ce document est présenté comme une convention entre le premier empereur chrétien, Constantin le Grand, et le pape Sylvestre 1er, d'où il ressort que l'empereur aurait concédé au pape une pleine souveraineté sur Rome, l'Italie et les régions occidentales, au moment de quitter Rome pour Byzance, sa nouvelle capitale !
L'accord conclu, le pape gagne l'abbaye de Saint-Denis, que mille liens affectifs rattachent à Pépin et à sa famille, et renouvelle avec éclat le sacre de 751.

Dès l'année suivante, Pépin III traverse les Alpes dans l'autre sens pour combattre Athaulf. Victorieux, il lui enlève l'exarchat de Ravenne, qu'il remet au pape en complément du duché de Rome. C'est le noyau des futurs États pontificaux.

La papauté se détourne de ByzanceSouverain séculier d'un assez vaste territoire, le pape se démarque des autres évêques et devient le chef de l'église d'Occident.

Il prend ses distances avec l'empereur qui règne à Byzance et s'en remet pour sa sécurité aux souverains francs. C'est le début d'une longue collaboration, souvent orageuse, avec les Carolingiens et leurs lointains héritiers du Saint Empire romain germanique. À la fin du XIXe siècle, les militants anticléricaux dénonceront dans cette collaboration «l'alliance du sabre et du goupillon» (le goupillon est un instrument avec lequel on asperge les fidèles d'eau bénite).

La montée en puissance du Saint-Siège inaugure par ailleurs une succession de dissensions avec l'empereur byzantin et le patriarcat de Constantinople qui va se clore par la bulle d'excommunication de 1054 et le sac de Constantinople de 1204, consacrant la rupture entre les chrétiens orthodoxes d'Orient et les chrétiens catholiques d'Occident.

27 juillet 1214
 Le dimanche de Bouvines

Le dimanche 27 juillet 1214 reste un jour béni dans l'Histoire de France.

Ce jour-là, le roi Philippe Auguste remporte à Bouvines, près de Lille, une victoire écrasante sur les armées de l'empereur allemand Otto IV de Brunswick et ses alliés, le comte Ferrand de Flandre, le duc Henri de Brabant et le comte Renaud de Boulogne.

Certains historiens modernes y voient l'émergence de la Nation française !


Bouvines et l'orgueil national 

La victoire de Bouvines, due à la coalition de la chevalerie féodale et desmilices communales, est accueillie par le peuple de France avec soulagement et fierté et donne lieu aux premières manifestations d'orgueil national.

Le comte Ferrand de Flandre ayant été capturé, Philippe Auguste l'emmène, enchaîné dans une cage, jusqu'à Paris, sa capitale, pour un triomphe à la romaine.

«Ferrand, tu es ferré !», lance la foule sur le passage du prisonnier.

Un distique est composé pour l'occasion :
Quatre ferrands (chevaux) bien enferrés
Traînent Ferrand bien enferré.
Rivalité franco-anglaiseLa bataille de Bouvines est l'un des derniers grands épisodes du premier conflit franco-anglais inauguré 60 ans plus tôt par l'accession au trône d'Angleterre d'Aliénor d'Aquitaine et Henri II Plantagenêt.

En 1199, Richard Coeur de Lion, fils aîné d'Henri II étant mort, son frère Jean sans Terre lui a succédé sur le trône d'Angleterre. Il a aussitôt repris la lutte contre le roi de France mais sans avoir le courage et l'intelligence requis.

En avril 1202, Philippe Auguste prend prétexte de ce que Jean a enlevé la fiancée d'un seigneur poitevin pour confisquer toutes les terres qu'il possédait en France. Le roi met aussitôt la sentence à exécution.

Il s'empare de l'Anjou et de la Touraine, puis met le siège devant Château-Gaillard, une puissante forteresse construite par Richard Coeur de Lion en surplomb de la Seine pour garder la Normandie. Château-Gaillard tombe en 1204. La Normandie puis la Bretagne se rendent au roi de France.

Après de nouvelles péripéties, Jean sans Terre noue une coalition internationale avec les ennemis du roi de France, les comtes de Flandre et de Boulogne, le duc de Brabant ainsi que l'empereur d'Allemagne, unis dans une commune détestation de la monarchie capétienne.

C'est une première ! Pareille coalition entre Anglais et Allemands face à la menace hégémonique de la France se retrouvera au XVIe siècle, au temps de François 1er, Henri VIII et Charles-Quint.

Le roi d'Angleterre, premier prêt, débarque à la Rochelle en février 1214 et marche sur Paris. Il assiège le château de La Roche-aux-Moines, près d'Angers.

Philippe Auguste envoie contre lui son fils Louis (le futur Louis VIII le Lion). À son approche, le 2 juillet, l'armée anglaise se débande sans combattre. Pour le pitoyable Jean sans Terre, le pire reste à venir : les Français mobilisent contre lui les barons anglais eux-mêmes. La guerre se transporte en Angleterre. Elle conduira le roi à concéder à ses barons la Grande Charte.

Première victoire de la nation française
Jean sans Terre est éliminé mais il reste les coalisés, forts de 80.000 hommes au total. Face à eux, le roi de France n'en aligne que 25.000. De Tournai où il s'est établi, Philippe Auguste décide de faire retraite vers Lille. Il entame son mouvement le 27 juillet au matin.

Informé, l'empereur décide de l'attaquer sans attendre, ne se souciant guère que ce jour soit un dimanche, normalement consacré à la prière et au recueillement. Il se porte sur l'arrière-garde de l'armée française.

Le soleil est à son zénith quand l'armée française commence à traverser la rivière de la Marcq, sur le pont de Bouvines. Mais voilà qu'apparaît l'ennemi. Philippe Auguste rappelle sans délai les troupes qui ont déjà franchi le pont.

L'armée française se déploie face aux coalisés. Pour la première fois, chevaliers et milices communales combattent ensemble sous l'emblème royal de la fleur de lys, ce qui donne à la guerre un caractère national inédit.

La bataille s'engage à la manière féodale, dans un corps à corps indescriptible où chacun cherche son ennemi pour le tuer ou le capturer (s'il est digne d'une rançon).

Après trois heures de combat, le comte de Flandre est désarçonné et capturé. Le roi de France est aussi désarçonné et manque d'être capturé par les Flamands. Il ne doit son salut qu'à l'intervention de quelques chevaliers. L'empereur, à son tour, est assailli et s'enfuit en abandonnant son étendard.

Tandis que tombe le soir, le comte de Boulogne finit par se faire capturer. Beaucoup de fantassins restent sur le champ de bataille.

Pour Philippe Auguste, sorti vainqueur de la journée, la bataille s'avère un immense succès militaire mais aussi politique et dynastique. Elle consacre l'attachement des Français à la dynastie capétienne que symbolise désormais la fleur de lys.

 
Triomphe capétien
Tandis que Philippe Auguste combat les seigneurs du nord, les seigneurs du bassin parisien envahissent le bassin toulousain sous le prétexte d'éradiquer l'hérésie cathare.

Leur victoire en 1213, un an avant Bouvines, sur le comte de Toulouse et le roi d'Aragon à la bataille de Muret sonne le glas du particularisme toulousain.

Après deux cents ans de maturation lente, la dynastie capétienne, par ces victoires, fait la preuve de sa cohésion et de sa force. La France va s'affirmer dans le siècle qui s'ouvre comme le principal État européen, à la pointe du développement intellectuel (création des premières Universités) et artistique (art gothique).

27 juillet 1794
Arrestation de Robespierre

Le 27 juillet 1794 prend brutalement fin la dictature de Maximilien de Robespierre et son pouvoir sans partage sur la France révolutionnaire.

Fabienne Manière.Une arrestation turbulenteLa veille, le 8 thermidor An II du calendrier révolutionnaire, à midi, l'Incorruptible est monté à la tribune de la Convention et a tenu un discours lourd de menaces dénonçant une «ligue de fripons» mais sans donner de noms. Évoquant le succès des armées de la République qui, partout, repoussent l'envahisseur, il lance avec la grandiloquence coutumière de l'époque : «la victoire n'a fait que creuser de ses mains brillantes le tombeau de la République», montrant par là sa crainte que l'éloignement des périls n'entraîne un relâchement de la vigilance républicaine, autrement dit de la Terreur ! Il conclut ses deux heures de discours par ces mots menaçants : «J'ai promis de laisser un testament redoutable aux oppresseurs du peuple ; je leur lègue la vérité, et la mort».

Les députés s'inquiètent car la loi de Prairial (10 juin 1794) permet au tout-puissant Comité de salut public et à son président de faire arrêter et exécuter le moindre suspect. Tous ceux qui ont quelque motif de craindre Robespierre prennent peur et se dévoilent. Parmi eux Collot d'Herbois, qui proteste contre la «dictature de la vertu», Billaud-Varenne, Barras et Fréron qui se sont impunément enrichis à Marseille, Fouché qui a aussi profité de son autorité pour s'enrichir...

En ce 9 thermidor An II (27 juillet 1794), à midi, Saint-Just, ami de Robespierre et membre du Comité de salut public, s'apprête à dénoncer les suspects à la tribune mais on lui coupe la parole. Robespierre lui-même est houspillé et empêché de monter à la tribune. On le montre du doigt aux cris de : «À bas le tyran !»

Dans un sursaut de courage, un député, Cambon, lance à la tribune une mise en accusation de Robespierre. Un obscur député du nom de Louchet demande finalement son arrestation ainsi que celles de son frère, de Saint-Just, Lebas et Couthon.

S'ensuit une grande confusion. Les prisonniers sont transférés à l'Hôtel de ville et se retrouvent sous la protection des sans-culottes, autrement dit des sectionnaires de la garde nationale, fervents partisans de la Révolution.

 
Tandis que sonne le tocsin, les sectionnaires hésitent sur la conduite à tenir. Pendant ce temps, le député Barras rassemble des troupes et entre dans l'Hôtel de ville.

C'est la fin.
Le chef montagnard est blessé à la mâchoire par un coup de pistolet. En piteux état, il est guillotiné le lendemain, le 10 thermidor An II (28 juillet 1794) avec Saint-Just, Couthon et Robespierre jeune, son frère, ainsi qu'une vingtaine d'autres partisans. Le jour suivant, quelque 80 robespierristes de plus montent à l'échafaud.

Marquée par la Terreur et l'intolérance, la dictature jacobine n'aura duré qu'un peu plus d'un an dans le cadre d'une Révolution française globalement modérée et libérale, mais en dépit de sa brièveté, elle hantera à jamais la mémoire des révolutionnaires et de leurs opposants.

Relâchement des moeurs
Commence la Convention thermidorienne, en référence aux députés qui abattirent la dictature de Robespierre.

Les vainqueurs, surnommés les «Thermidoriens», libèrent les suspects et mettent fin à la Terreur. Soulagement dans tout le pays. Les bourgeois qui craignaient, la veille, d'être à leur tour guillotinés se relâchent sans retenue. Se qualifiant par dérision d'«incroyables» et de «merveilleuses», ils se pavanent dans des tenues excentriques (et très déshabillées), à l'exemple de la célèbre Madame Tallien.

 
Avant de céder la place au régime du Directoire, les thermidoriens accomplissent par ailleurs une grande oeuvre administrative.


27 juillet 1867
 Premier câble transatlantique

Le 27 juillet 1867 est inauguré le premier câble télégraphique transatlantique. Long de 3700 km, il marque le début de l'ère des télécommunications. Les câbles sous-marins sont aujourd'hui relayés - ou concurrencés - par les satellites.

27 juillet 1953
 Armistice de Panmunjon

Le 27 juillet 1953, l'armistice de Panmunjon met fin à la guerre de Corée. C'est une accalmie dans la guerre froide que se livrent les deux super-puissances.
La mort de Staline, quelques mois plus tôt, facilite la signature d'un compromis qui dure encore aujourd'hui et se traduit par la division de la péninsule en deux États que tout oppose sauf le sentiment d'appartenance à une même nation.

C'est sa fête
 Nathalie
Sainte Nathalie est décapitée à Cordoue en 852, sous le régime du calife Abd er-Raman II, avec son mari Aurélio et quelques autres chrétiens fervents qui n'ont pas hésité à exprimer leur foi en public. Ses reliques seront amenées à Saint-Germain-des-Prés, à Paris.

Décès
Turenne
1
1 septembre 1611 à Sedan - 27 juillet 1675 à Sasbach (Allemagne)

Le maréchal Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, fut l'un des plus grands capitaines de son temps.

Sa bravoure, son aptitude au commandement et son sens de la stratégie lui valurent de recevoir en 1643, à 32 ans, la dignité de Maréchal de France puis en 1660, celle, très rare, de maréchal général.

Petit-fils par sa mère de Guillaume le Taciturne, Turenne avait, il est vrai, de qui tenir. Né à Sedan et élevé dans le protestantisme, il s'initie à la guerre à l'âge de 14 ans. Entré au service du roi de France pendant la guerre de Trente Ans, il s'empare de Turin le 17 septembre 1640 puis, par ses victoires en Allemagne, oblige les ennemis de la France à conclure les traités de Westphalie. Mais le soldat gâte ses atouts en s'énamourant de la duchesse de Longueville, soeur du Grand Condé. Il participe à ses côtés à la Fronde et va jusqu'à se mettre au service des Espagnols.

Ayant obtenu le pardon du roi Louis XIV, il combat dès lors les frondeurs et Condé lui-même. Viennent la gloire et les honneurs. En 1668, Turenne se convertit au catholicisme sur les instances de Bossuet. Dans le même temps, il entreprend pour le compte de Louis XIV la guerre de Dévolution.

En 1674, pendant la guerre de Hollande (1672-1678), il occupe l'Alsace ainsi que le Palatinat, n'hésitant pas à dévaster ce pays allemand. Pris à revers par les Impériaux de l'archiduc d'Autriche, il évacue l'Alsace puis, en plein hiver, repart à l'offensive. Les Impériaux sont écrasés à Turckheim le 5 janvier 1675. Mais Turenne n'aura pas le loisir de savourer son triomphe.

Il est tué d'un boulet de canon lors d'un nouvel engagement à Sasbach (ou Salzbach) le 27 juillet 1675. Le comte Montecuccoli, qui commande les troupes autrichiennes, se serait alors écrié : «Il est mort aujourd'hui un homme qui faisait honneur à l'homme !». Louis XIV accordera à Turenne l'honneur posthume d'être enseveli à Saint-Denis, avec les rois de France. Napoléon 1er transfèrera sa dépouille à l'église Saint-Louis des Invalides, nécropole des gloires militaires de la France.


Louis Hubert Lyautey
17 novembre 1854 à Nancy - 27 juillet 1934 à Thorey

Originaire de Nancy, monarchiste de coeur et catholique social, cet officier de cavalerie cultivé et brillant rencontre Joseph Gallieni au Tonkin et le rejoint en 1897 à Madagascar, où il s'applique à promouvoir la société indigène, dans le droit fil de ses convictions exprimées en 1891 dans La Revue des deux mondes : «Du rôle social de l'officier dans le service militaire universel» (sans doute aurait-il apprécié de voir aujourd'hui les militaires multiplier les actions humanitaires auprès des civils sur les théâtres d'opérations).

Lyautey devient en 1912 le premier résident général auprès du sultan du Maroc, qui s'est placé cette année-là sous la «protection» de la France. Son action en faveur du développement du pays et plus encore sa noblesse morale et son respect des coutumes locales valent à Lyautey le respect et l'estime des Marocains.

En décembre 1916, il est nommé ministre de la guerre dans le cabinet Briand mais perd le poste dès le mois de mars 1917, du fait de ses désaccords avec l'état-major et de l'échec de l'offensive du «Chemin des Dames». Il reprend sa place au Maroc. Maréchal de France en 1921, il pâtit d'être tenu en suspicion par la gauche au pouvoir à Paris. Lui-même donne sa démission de résident général lorsqu'on lui enlève le commandement des troupes engagées dans la guerre du Rif pour le confier au maréchal Pétain.

Lyautey se signale par une conception des relations entre l'Europe et le reste du monde fondée sur le respect des identités. Cette conception est restée marginale en France et en Europe...

 

Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE - Publié dans : Histoire
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