Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 06:27
Événements

11 novembre 43 avant JC
Un triumvirat pour succéder à César

Le 11 novembre de l'an 43 avant JC (certaines sources donnent le 26 novembre), à Bologne, le monde romain passe pour la seconde fois sous la coupe d'un triumvirat, ou gouvernement à trois. Cet accord met provisoirement un terme aux rivalités consécutives à l'assassinat de César, l'année précédente.


Insuccès d'Antoine

Après la mort de César, ses meurtriers ont fui Rome et la colère du peuple. Dans un souci d'apaisement, le Sénat, à l'instigation de l'orateur Cicéron, décide dès le 17 mars de l'an 44 avant JC d'abolir la dictature pour toujours et de ne pas poursuivre les meurtriers.

Lors des funérailles de César, le 20 mars, Marc Antoine (40 ans) se présente à la foule en fidèle lieutenant du dictateur assassiné et soigne sa popularité. Les sénateurs craignent qu'il prenne la succession de César et n'empêche la restauration de l'autorité sénatoriale. Cicéron, toujours lui, convainc ses collègues sénateurs de monter un rival contre Marc Antoine afin de diviser le parti césarien.

Ce rival n'est autre que le jeune Octave (20 ans), petit-neveu de César par sa mère, tout juste de retour d'Apollonia d'Illyrie, sur les bords de l'Adriatique (aujourd'hui, Durrès), où il achevait ses études.

Octave fait valoir qu'un an avant sa mort, César l'a désigné comme son fils adoptif. Habile, il prend le nom de César Octavien et s'affirme comme l'héritier légitime du dictateur assassiné, au grand dam de Marc Antoine.

Il lève une armée privée de son propre chef et à ses frais («privato consilio et privata impensa»), avec le concours d'un ami très riche qui est aujourd'hui nom commun, Mécène. Il affecte au demeurant la docilité à l'égard des sénateurs pompéiens ou républicains tout en soignant sa popularité auprès du peuple grâce à la fortune laissée par César.

Le Sénat agence une coalition contre Marc Antoine. Curieuse coalition que celle-là. Elle réunit Octavien, fils adoptif de feu César, et les assassins de ce dernier, à savoir 1) Brutus, qui occupe la Macédoine, 2) Cassius, en train de s'emparer de la Syrie, 3) Sextus Pompée, fils du grand Pompée et amiral de la flotte.

Le 21 avril de l'an 43 avant JC, Marc Antoine est battu par les coalisés près de Modène. Il se retire en Gaule narbonnaise pour refaire ses forces.


Désarroi d'Octavien

Octavien, chef de la coalition, profite de son succès pour réclamer au Sénat le titre de consul mais l'assemblée, désireuse de restaurer son autorité mise à mal par les guerres civiles et la dictature de César, le lui refuse. Il est vrai que l'impétrant est trop jeune pour porter ce titre.

Octavien n'en a cure. Il lève huit légions. Puis il marche sur Rome et se fait élire consul par le peuple le 9 août de l'an 43 avant JC. Les sénateurs, rendus à plus de compréhension, lui concèdent alors des pouvoirs extraordinaires dont celui de pourchasser ses ennemis. Là-dessus arrive Marc Antoine avec l'armée qu'il a constituée en Gaule avec le concours de Marc Lépide, ancien maître de cavalerie de César.

Pour Octavien, la situation militaire devient critique du fait qu'il doit faire face en Occident à son rival Marc Antoine, et en Orient aux chefs républicains Brutus et Cassius, meurtriers de César. On s'attend à une reprise des terribles guerres civiles mais ce ne sera pas pour tout de suite...


Compromis à trois

À Bologne, Octavien convainc Marc Antoine et Lépide de mettre un bémol à leurs sanglantes querelles. C'est ainsi que Marc Antoine (40 ans), Octavien (20 ans) et le maître de cavalerie Marc Lépide (30 ans) décident de se partager le pouvoir selon la formule du triumvirat qui avait brièvement réuni quinze ans plus tôt César, Pompée et Crassus.

Gagnant Rome avec leurs armées, ils se donnent le titre officiel de tres viri rei publicae constituendae et se partagent les possessions romaines.

Les triumvirs prennent soin de faire ratifier leur accord par le peuple de Rome et se donnent cinq ans de pouvoir absolu pour ramener l'ordre ! Comme au temps de Sylla, ils proscrivent sans attendre le parti républicain accusé d'avoir comploté contre César. Des listes sont dressées, avec des récompenses promises à quiconque apporterait la tête des proscrits... et la peine de mort à quiconque les protègerait. 130 sénateurs dont l'orateur Cicéron, qui a eu le tort de s'opposer à Marc Antoine, trouvent ainsi la mort.

Là-dessus, Marc Antoine et Octavien poursuivent les meurtriers de César et débarquent avec leurs hommes en Illyrie.


11 novembre 397 
Saint Martin est inhumé à Tours


Saint Martin est inhumé à Tours en grande pompe le 11 novembre 397.

Né vers 316 à Sabaria, en Pannonie (aujourd'hui Szombathely, en Hongrie), l'évangélisateur des Gaules s'est acquis une stature exceptionnelle au terme d'une vie agitée, tissée de grands voyages à travers toute l'Europe.

Sa longue existence se déroule entre les règnes de Constantin et de Théodose. Sous le règne du premier prennent fin les persécutions contre les chrétiens. Les empereurs eux-mêmes deviennent chrétiens mais la nouvelle religion est encore très minoritaire dans l'empire romain et confinée aux villes. Sous le règne du second, le christianisme devient la seule religion autorisée dans l'empire et c'est au tour des païens de subir les persécutions.

Sur les pas de Saint Martin

À l'approche de son 1700e anniversaire (2016), Saint Martin retrouve une nouvelle jeunesse. Autour de Tours sont réouverts les anciens chemins qu'il a empruntés, vers l'ouest, comme vers la Germanie, l'Italie ou les régions danubiennes. Ils permettent de redécouvrir un patrimoine architectural, artistique et spirituel commun à toute l'Europe.

Pour le Conseil de l'Europe, cette renaissance de Saint Martin, le centurion qui offrit la moitié de son manteau à un mendiant, est aussi l'occasion de magnifier le partage, une valeur universelle qui transcende les religions...

en savoir plus

L'évangélisateur des campagnes

Fils d'un tribun romain originaire du bassin du Danube, Martin est enrôlé malgré lui dans la légion à 15 ans sans se départir d'une attirance pour le christianisme et la vie religieuse.

Un jour d'hiver, alors qu'il est en garnison à Amiens, Martin est ému par la rencontre d'un mendiant transi de froid et lui donne la moitié de son manteau (le manteau étant payé pour moitié par l'armée, Martin considère qu'il n'a pas le droit de donner cette moitié qui appartient à l'État). La nuit suivante, le Christ lui apparaît en songe, revêtu du manteau. Troublé, Martin ne tarde pas à se convertir.

En 356, à Worms (Germanie), il peut enfin se libérer de ses obligations militaires et se rend alors à Tours, auprès du très renommé évêque Saint Hilaire. Pendant un exil forcé de celui-ci en Orient, Martin se rend en Pannonie en vue de convertir ses parents. Sa mère seule consent à recevoir le baptême.

Sur le chemin du retour, Martin évangélise les campagnes d'Illyrie. Puis il s'établit comme ermite à Ligugé, au sud de Tours, où il fonde le premier monastère d'Occident. C'est le début de la renommée. Après la mort de Saint Hilaire, les Tourangeaux l'élisent contre son gré évêque de leur ville. L'élection se déroule le 4 juillet 371.

Malgré ses nouvelles obligations, Saint Martin reste fidèle à l'idéal monastique. Il fonde le monastère de Marmoutier, aux portes de Tours, sur les bords de la Loire. De là partiront de nombreux missionnaires. L'évêque lui-même continue de sillonner les campagnes gauloises et occidentales. Partout où il passe, il détruit les oratoires païens, fondent à leur place des églises, les confient à un prêtre et regroupent autour de lui les habitants des environs, non sans les avoir au préalable baptisés ! Ainsi naissent les nouvelles paroisses, à l'origine du tissu rural médiéval.

 

Saint patron de la France

Très âgé, Martin s'éteint le 8 novembre 397 à Candes, au confluent de la Loire et de la Vienne, en aval de Tours, où il s'était rendu pour ramener la paix entre les moines du lieu. La chronique lui prête cette ultime prière : «Si je suis encore nécessaire à Votre peuple, Seigneur, je ne refuse pas le travail. Cependant, que Votre volonté soit faite». En signe d'humilité, il se couche sur un lit de cendres et c'est là-dessus qu'il meurt.

Une délégation de Tours se rend à Candes en gabarre (le bateau traditionnel à fond plat de la Loire) afin de ramener le saint dans sa bonne ville. On raconte que les Tourangeaux auraient volé le corps en le passant par une fenêtre ! Cette anecdote est figurée sur un vitrail de l'église locale.


L'été
de la Saint-Martin

Une pieuse légende raconte que, le long de la Loire, au passage de la dépouille du saint, de Candes à Tours, les buissons se mirent à refleurir ! Ce miracle serait à l'origine de l'été de la Saint-Martin, un redoux en fait occasionné par des vents du sud-ouest.

Fiers de leur bon coup, les Tourangeaux inhument leur saint évêque dans le cimetière chrétien de leur ville. Un siècle plus tard, une basilique est édifié sur l'emplacement du tombeau. Clovis vient s'y recueillir avant sa conversion et fait de Martin le saint patron de la monarchie franque.

Le tombeau, lieu de pèlerinage couru de tout le pays, va faire la fortune de ses habitants... et attiser la convoitise des pillards (c'est ainsi qu'une troupe de musulmans venus d'Espagne tentera en 732 une razzia sur la ville mais sera arrêtée entre Poitiers et Tours par les Francs de Charles Martel).

Jusqu'aux alentours de l'An Mil, ce sera le troisième pèlerinage d'Occident en concurrence avec Rome et Jérusalem, avant d'être détrôné par Saint-Jacques de Compostelle.


Chape
et chapelle

La ville de Tours abrite la moitié de manteau qui a fait la célébrité de Saint Martin. Ce manteau ou chape (en latin, capa) a été conservé précieusement dans un sanctuaire qui a pris en conséquence le nom de capella. De ce mot, on a fait le mot chapelle qui désigne une petite église ou une pièce attenant à une nef d'église et contenant elle-même un autel.


U
n souvenir toujours présent

Saint Martin a fortement contribué à la diffusion du christianisme en Gaule. En témoignage de son influence, 485 lieux (villes ou villages) portent son nom en France ainsi que 3675 lieux de culte ! Son patronyme est aussi le plus répandu dans le pays.

La fête de la Saint Martin, célébrée le 11 novembre, est demeurée très populaire jusqu'à la Révolution, en France mais aussi dans le reste de la chrétienté occidentale ! La Saint Martin était aussi l'occasion de faire bombance avant le jeûne de l'Avent, c'est-à-dire de la période précédant Noël (ledit jeûne est tombé en désuétude, l'Église n'ayant conservé que le jeûne du Carême, avant Pâques). On savourait alors une oie grasse de sorte que l'expression : «faire la Saint-Martin» est devenue synonyme de bonne chère. On buvait aussi, sans trop de retenue, le «vin de la Saint-Martin», un vin de vendange tardive.

Notons encore que c'est en référence à Saint Martin qu'en novembre 1918, à l'instigation du général Foch, les négociateurs français auraient choisi de fixer au 11 novembre la date de l'armistice (de préférence au 9 ou 10 novembre).


11 novembre 1215 
Ouverture du concile Latran IV

Quand, le 11 novembre 1215, le pape Innocent III ouvre le quatrième concile du Latran, il peut se flatter d'avoir hissé la papauté à un niveau de prestige qu'elle n'avait encore jamais atteint.

De nouvelles structures pour l'Église

Le concile Latran IV marque l'apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l'effort de renouveau inauguré,150 ans plus tôt, par Grégoire VII . Environ 800 abbés et 400 évêques se réunissent dans la basilique romaine dont les papes du Moyen Âge ont fait leur principale résidence.

Pendant les trois semaines que dure le concile, du 11 au 30 novembre 1215, de nombreuses décisions sont prises qui renforcent l'emprise du Saint-Siège sur la chrétienté occidentale.

Le concile réglemente en premier lieu la confession. Il établit l'obligation de se confesser et de communier au moins une fois l'an, à Pâques. Il instaure la confession auriculaire (à l'oreille du prêtre) en remplacement de la confession publique, rare et réservée aux actes graves et connus de tous. La religion catholique confirme ainsi son emprise sur les populations d'Europe occidentale.

Avec le concile Latran IV apparaît un nouveau personnage, le curé. Celui-ci est un prêtre affecté à un territoire, la paroisse, avec la charge d'en soigner les âmes. D'où son nom, dérivé du latin «cura animarum» (soin des âmes).

Relativement instruit, célibataire, généralement chaste et consciencieux, attaché à son village, le curé devient très vite un pilier de la société médiévale... et les travers de certains d'entre eux ne tarderont pas à alimenter un anticléricalisme tantôt ironique, tantôt violent.


Révolution
féministe

Parmi les innovations majeures du concile Latran IV de 1215 figure la publication des bans à l'occasion des mariages. Il n'est désormais plus possible de convoler dans la clandestinité. Cette mesure est destinée à lutter contre les unions consanguines, entre cousins et parents proches, que l'Église et le corps social tiennent en horreur, ces unions débouchant sur une dégénérescence génétique et, dans le meilleur des cas, sur un repli communautaire.

Les évêques conciliaires accomplissent un acte révolutionnaire en n'autorisant que les mariages pour lesquels les deux conjoints, l'homme et la femme, auront publiquement exprimé leur consentement.

Ainsi, pour la première fois dans l'Histoire de l'humanité, la société accorde aux femmes le droit de disposer d'elles-mêmes. Les femmes ne sont plus des mineures, comme sous l'Antiquité, ou des marchandises que le père cède contre une dot, ainsi qu'il en va encore dans maintes sociétés.

Bien entendu, il faudra beaucoup de temps avant que les femmes puissent pleinement choisir et accepter leur conjoint. Elles seront longtemps encore soumises à la pression de leur entourage mais, avec l'appui de l'Église, leur liberté progressera régulièrement.

L'Église médiévale, assidue à limiter la brutalité des guerriers, a aussi à coeur de freiner la brutalité des maris. C'est ainsi qu'elle réglemente à tour de bras les pratiques sexuelles et condamne tout ce qui pourrait ressembler à un viol conjugal.

L'époque du concile coïncide aussi avec la construction des plus belles cathédrales gothiques. Les sculpteurs et les peintres commencent à exalter la beauté du corps féminin, qui revêt au choix l'apparence de la vierge Marie ou d'Eve, la première femme.

Dans les églises se répand le culte de Marie tandis que dans les cours seigneuriales ou royales, les troubadours et les poètes chantent l'amour érotique.

Les femmes de haut lignage prennent part à l'art poétique et participent à l'exercice du pouvoir, à l'égal de leur mari ou en remplacement de celui-ci. Les exemples les plus connus sont ceux d'Aliénor d'Aquitaine et de son arrière-petite-fille Blanche de Castille, mère de Saint Louis et régente du royaume de France.

La Renaissance et le retour en vogue du droit romain entraîneront une certaine régression du statut social de la femme. Cette régression prendra tout son effet avec les «Lumières» du XVIIIe siècle et la Révolution française, qui renverront les femmes bourgeoises à leurs fourneaux et à leurs devoirs d'éducatrices. Le Code civil napoléonien entérinera cette régression, mais sans pouvoir revenir sur le consentement des femmes au choix de leur mari.

Le concile Latran IV ne s'en tient pas, hélas, au droit du mariage et au statut de la femme. Il impose aussi aux juifs et aux musulmans le port d'un insigne distinctif. Il condamne enfin les doctrines vaudoise et cathare qui sanctifient la pauvreté et le renoncement aux valeurs matérielles.

Ces valeurs évangéliques retrouveront toutefois leur place dans l'Église officielle grâce aux Ordres mendiants de saint François d'Assise et de saint Dominique de Guzman qui s'épanouissent à l'époque même du concile.

 

11 novembre 1417 
La papauté refait son unité à Constance

Le 11 novembre 1417, à Constance, un concile met fin au Grand Schisme d'Occident.


La papauté en exil

La crise de la chrétienté médiévale avait débuté avec l'installation du pape Clément V à Avignon en 1309. Il ne devait s'agir que d'un exil provisoire motivé par les troubles civils qui endeuillaient Rome. Mais le pape, un Français du Midi, s'installe durablement dans sa nouvelle résidence, avec les encouragements du puissant roi de France.

Humiliée par Philippe le Bel quelques années plus tôt, la papauté, il est vrai, n'a plus les moyens de défier les souverains comme autrefois, du temps du combat contre l'empereur allemand pour imposer le règne de Dieu sur terre.

Avignon connaît ses plus grands fastes sous le pontificat de Clément VI (1342-1352), un moine de la Chaise-Dieu. Dans le même temps débute la guerre de Cent Ans et survient la Grande Peste. Autant de malheurs que les contemporains ne se font pas faute de présenter comme une punition divine à l'égard du Saint-Siège. En 1367, Urbain V, ancien abbé de Saint-Victor, à Marseille, se décide à revenir à Rome mais son administration reste à Avignon.

C'est seulement en 1377 que son successeur, Grégoire XI, met un terme définitif à la «captivité de Babylone», sur les recommandations pressantes d'une jeune dominicaine mystique, sainte Catherine de Sienne


Le Grand Schisme d'Occident

Grégoire XI meurt le 27 mars 1378, peu après son pénible voyage de retour à Rome.

Seize cardinaux s'enferment en avril 1378 pour élire le nouveau titulaire de la chaire de Saint Pierre. Le conclave ne tarde pas à se diviser en trois clans : les Français du nord, ceux du Midi et les Italiens. C'est finalement la populace de Rome qui a le dernier mot. Elle enfonce les portes du conclave et sa colère n'est désarmée que par l'élection à la quasi-unanimité (15 voix sur 16) d'un Italien de 60 ans qui devient pape sous le nom d'Urbain VI. Excessif, sinon déséquilibré, il soulève immédiatement contre lui la plupart des cardinaux.

Le roi de France Charles V conteste les conditions de l'élection et treize cardinaux, essentiellement français, se réunissent à Anagni, au sud de Rome, pour élire un nouveau pape, Robert de Genève, qui prend le nom de Clément VII et s'en retourne derechef à Avignon.

L'Europe se divise entre «urbanistes» et «clémentistes». C'est le début du «Grand Schisme» qui va voir se déchirer la chrétienté d'Occident pendant quatre longues décennies.


Des chrétiens troublés

Les divisions au sein du Saint-Siège ne vont cesser de s'aggraver dans les années suivantes au grand scandale du peuple chrétien.

La papauté en lambeaux doit faire face au renouveau des hérésies et à la contestation d'illustres théologiens. L'Anglais John Wyclif et le Tchèque Jan Hus appellent à une réforme de l'Église et à un retour aux commandements de l'Évangile.

Mais la France, principale puissance de l'époque, est ravagée par la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, et impuissante à agir. Il faut attendre 1415 pour que l'empereur allemand Sigismond, excédé, impose enfin la réunion d'un concile sur les bords du lac de Constance. Pas moins de 70.000 personnes se déplacent pour l'occasion.

À Constance, le collège des cardinaux révoque les trois papes du moment et en élit un et un seul. Celui-ci, Oddone Colonna, appartient à la noblesse romaine. Comme il n'est pas encore prêtre, on répare cet oubli en lui conférant hâtivement le sacrement de l'ordination. Prenant le nom de Martin V, le nouveau pape s'établit définitivement à Rome.


Échec de la réforme

L'élection de Martin V en 1417 met quasiment fin au Grand Schisme. Un nouveau concile se réunit à Bâle le 3 mars 1431, à l'initiative du nouveau pape en vue de réformer l'Église, voire de réunir les Églises d'Orient et d'Occident, les orthodoxes et les catholiques. Mais le successeur de Martin V, le pape Eugène IV, peu soucieux de réformes, dissout prématurément le concile. Les pères conciliaires s'insurgent et se transportent à Constance, où ils élisent à la papauté le duc Amédée VIII de Savoie.

Le dernier des anti-papes prend le nom de Félix V. La chrétienté voit resurgir le spectre du schisme. Heureusement, celui-ci ne durera pas. C'en est fini des papes et des anti-papes qui se sont entredéchirés pendant un demi-siècle, de Rome à Avignon. Il n'empêche que le mal a été fait. La révolution religieuse en germe dans l'Empire allemand triomphera un siècle plus tard avec Martin Luther.

En attendant, en publiant le 7 juillet 1438 la «Pragmatique Sanction» de Bourges qui lui permet de choisir lui-même les évêques français et de contrôler leurs activités, le roi de France Charles VII profite de la faiblesse du Saint-Siège pour donner corps au «gallicanisme» : au pape ce qui relève de la foi ; au clergé français et à son souverain ce qui relève de l'administration de l'Église française.....!


11 novembre 1831
Nat Turner est pendu en Virginie

Le 11 novembre 1831, à Southampton, en Virginie, Nat Turner est pendu après jugement pour avoir entraîné dans la révolte une centaine d'esclaves comme lui et assassiné en 24 heures une soixantaine de blancs. Ainsi finit la principale révolte d'esclaves qu'aient connue les États-Uniss.


Un armistice met fin à la Grande Guerre
Le 11 novembre 1918, un armistice met fin à la Grande Guerre, première guerre totale, qui a meurtri l'Europe comme aucune autre. On veut croire qu'elle restera la dernière de l'Histoire, la «der des der».

Sa
commémoration, tous les 11 novembre, demeure l'un des temps forts de la vie civique en France et dans les principaux pays belligérants, soit que l'on se recueille devant l'un des nombreux monuments aux morts ou la tombe du Soldat inconnu, soit que l'on arbore un coquelicot comme au Canada ou en Angleterre...

11 novembre 1942 
Occupation de la zone «libre»

Le 11 novembre 1942, Hitler déclenche l'opération «Attila». En réponse au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, l'armée allemande franchit la ligne de démarcation qui sépare la France occupée de la France dite «libre» depuis l'armistice de 1940. À Toulon, sur ordre de l'amiral Jean de Laborde, la flotte française se saborde pour échapper aux Allemands sans pour autant tomber entre les mains des Anglais ! À Vichy, le gouvernement du maréchal Pétain et de Pierre Laval est placé sous le contrôle direct de l'occupant. Il perd la fiction de son indépendance.


C'est sa fête 
Martin

Saint MartinAncien centurion romain originaire des bords du Danube, Martin évangélise la France. Populaire évêque de Tours, il est inhumé dans sa bonne ville le 11 novembre 397...

voir l'article complet

La fête de la Saint Martin est demeurée très populaire jusqu'à la Révolution, en France mais aussi dans le reste de la chrétienté occidentale. C'est ainsi que le 11 novembre, l'on dansait et chantait nuit et jour ! La Saint Martin était aussi l'occasion de faire bombance avant le jeûne de l'Avent, c'est-à-dire de la période précédant Noël (ledit jeûne est tombé en désuétude, l'Église n'ayant conservé que le jeûne du Carême, avant Pâques). On savourait alors une oie grasse de sorte que l'expression : «faire la Saint-Martin» est devenue synonyme de bonne chère. On buvait aussi, sans trop de retenue, le «vin de la Saint-Martin», un vin de vendange tardive.

Notons encore que c'est en référence à Saint Martin qu'en novembre 1918, à l'instigation du général Foch, les négociateurs français auraient choisi de fixer au 11 novembre la date de l'armistice (de préférence au 9 ou 10 novembre).

NB : touchée par des vents du sud-ouest, la France bénéficie souvent d'un redoux aux alentours de la Saint Martin. On parle à cette occasion de l'été de la Saint-Martin. De l'autre côté de l'Atlantique, des phénomènes météorologiques différents occasionnent aussi un bref redoux à l'automne. C'est l'été indien. Au Québec, ce phénomène survient aux alentours de la fête de l'Action de grâces (second lundi d'octobre).
 

Naissances
Louis-Antoine Bougainville
11 novembre 1729 à Paris - 31 août 1811 à Paris

 

Louis Antoine de Bougainville a exploré Tahiti, donné son nom à une fleur et diffusé le mythe du bon sauvage...

 


Jules Guesde
11 novembre 1845 à Paris - 28 juillet 1922 à Saint-Mandé

 

Journaliste sous le Second Empire, Jules Guesde manifeste des sympathies pour la Commune. Exilé quelque temps, il découvre les théories de Karl Marx et les introduit en France. En 1879, il fonde le parti ouvrier français, qui se veut marxiste, révolutionnaire et collectiviste. Il est élu plus tard député à Roubaix et Lille. À partir de 1905, au sein du mouvement socialiste, le courant marxiste orthodoxe de Jules Guesde entre en conflit avec le courant humaniste de Jean Jaurès. Après l'assassinat de ce dernier, en 1914, Jules Guesde se rallie à l'Union sacrée contre l'Allemagne.

Dans Le Cri du Peuple du 10 février 1886, le socialiste révolutionnaire Jules Guesde publie un article intitulé «Meurent les ouvriers français». On peut y lire cette profession de foi : «Ils sont 800.000 ouvriers étrangers qui, travaillant à tout prix, font outrageusement baisser les salaires, quand ils ne les suppriment pas complètement pour nos ouvriers expulsés des usines».

 


Décès
Anne de Montmorency
15 mars 1493 à Chantilly - 11 novembre 1567 à Paris

 

Anne 1er de Montmorency descend d'une fière famille qui se qualifie de «premiers barons chrétiens de France» !

Il s'illustre dans les guerres d'Italie et, comblé de gloire et d'honneur, va poursuivre sa carrière militaire jusqu'aux prémices des guerres de religion, un demi-siècle plus tard. Il se fera tuer à 74 ans en combattant les protestants de Louis de Condé !...

 

Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE - Publié dans : Histoire
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