Le 14 novembre 1805, fort de sa victoire sur la troisième coalition à Ulm, Napoléon 1er fait son entrée à Vienne à la tête de la Grande Armée. L'empereur
des Français est au faîte de sa gloire et peut jouir de son triomphe dans la capitale de l'empire autrichien désertée par l'empereur François II de Habsbourg.
Profitant de ce que Français et Anglais tiennent la dynastie mandchoue à leur merci, les Russes se font accorder par les Chinois, le 14 novembre
1860, la rive gauche de l'Amour, ainsi que, le long de l'océan Pacifique, la région qui s'étend de l'embouchure du fleuve Amour, au nord, à la Corée, au sud. Cette région devient leur
Province maritime et pour s'en assurer le contrôle, ils construisent une capitale portuaire au nom prometteur : Vladivostok («Domination de l'Orient» en russe).
L'Institut Pasteur est inauguré à Paris, le 14 novembre 1888, par le président de la République Sadi Carnot. C'est le premier institut de recherche jamais créé au monde. Il se donne pour objectif l'identification des virus.
Financé par une souscription internationale à hauteur de deux millions de francs, il comble les voeux du plus populaire savant qu'ait connu l'humanité et dont il porte le nom.
Louis Pasteur est né dans la petite ville de Dôle, dans le Jura, le 27 décembre 1822, dans le ménage d'un modeste tanneur. Élève doué, sans plus, il manifeste d'excellentes dispositions pour... la peinture mais y renonce à 19 ans pour se consacrer tout entier à la science.
En 1842, il est classé 16e au concours d'entrée à la prestigieuse École Normale Supérieure de la rue d'Ulm (Paris). Jugeant son rang insuffisant, il dédaigne d'entrer à l'École et repasse le concours l'année suivante. Il est cette fois classé 5e. Cela le satisfait. Il entre à l'École dans la section physique et chimie.
Le jeune chercheur se lance dans la cristallographie. Avec des moyens de fortune, il met en oeuvre la méthode expérimentale qui fera son originalité et sa gloire. Il découvre ainsi l'existence de dissymétries dans la manière dont des molécules de même nature polarisent la lumière. C'est un premier succès qui lui vaut la reconnaissance de ses pairs et un poste de professeur à l'Université de Strasbourg puis de Doyen de l'Université de Lille.
Dans cette ville, il est sollicité par un industriel pour élucider un dysfonctionnement de la fermentation de la bière. Louis Pasteur, à peine âgé de 30 ans, se soucie dès lors de mettre en application ses recherches scientifiques («Il n'y a pas de sciences pures et de sciences appliquées, il y a la science et les applications de la science», écrit-il). Il découvre dans les jus de fermentation alcoolique et lactique des substances dont il soupçonne qu'elles ont été créées par des microorganismes vivants. De fil en aiguille, ces premiers résultats vont le conduire de la chimie à la biologie puis à la médecine.
Affecté à Paris, à un poste de direction à l'École Normale Supérieure, il poursuit ses travaux sur la fermentation dans un laboratoire de fortune aménagé dans les combles. Il publie ses premiers résultats dans un Mémoire sur la fermentation dite lactique (1857).
On peut dater de cette année-là le début de la «révolution pastorienne». La même année, la France entre de plain-pied dans l'ère industrielle sous l'égide de Napoléon III et en Grande-Bretagne, un savant, Charles Darwin, jette les bases de la théorie de l'évolution dans une lettre mémorable. Aux Indes, une révolte amène les Britanniques à consolider leur domination...
Le succès de Pasteur n'est pas immédiat, loin s'en faut ! Dans les milieux scientifiques, les partisans de la «génération spontanée» dénigrent tant et plus ses assertions. Parmi eux figurent d'illustres savants comme Marcelin Berthelot, Justus von Liebig et Friedrich Wöhler (auquel on doit la synthèse de l'urée). Pour eux, la fermentation se ramène à une réaction chimique en présence d'un catalyseur. Faisant front avec un entêtement exceptionnel, Louis Pasteur va mettre plusieurs années à les convaincre de leur erreur.
Il démontre que les microorganismes responsables de la fermentation, c'est-à-dire de la transformation du sucre en alcool,viennent de l'environnement et ne sont pas créés ex nihilo. Il démontre aussi que ces microorganismes - des levures (microchampignons) - utilisent la fermentation pour fabriquer l'énergie indispensable à leur survie en l'absence d'oxygène.
Ces démonstrations passent par d'innombrables expérimentations et la mise au point de procédés innovants et astucieux pour isoler les substances fermentescibles (Pasteur fait par exemple mûrir des raisins en serre, dans sa maison du Jura, à l'abri de l'air ambiant).
Fort de ce savoir-faire expérimental, le savant met au point une technique de chauffage destinée à protéger les liquides tels que la bière ou le lait contre les ferments. C'est la «pasteurisation». Elle va permettre aux industriels d'améliorer les procédés empiriques de fermentation utilisés depuis des millénaires pour la fabrication du vin, de la bière ou du fromage ainsi que les procédés de conservation des aliments.
En 1865, Pasteur est sollicité par un ancien professeur pour étudier une mystérieuse maladie qui affecte les vers à soie, dans la vallée du Rhône, et ruine la sériciculture ardéchoise.
Au prix d'un labeur acharné, doublé de terribles épreuves personnelles (la perte de deux filles et une hémorragie cérébrale qui le laisse partiellement paralysé d'un bras et d'une jambe), le savant met en évidence l'existence d'un «microbe» responsable de la maladie.
Avec cette recherche, il se rapproche du domaine thérapeutique qui lui vaudra ses plus grands titres de gloire mais aussi la haine des sommités médicales, jalouses de l'incursion de ce physicien dans leur domaine de compétence.
Le public découvre qu'il est possible, grâce à l'hygiène, de se protéger contre les maladies transmises par les microbes. Dès 1875, un prestigieux chirurgien écossais du nom de Joseph Lister met en pratique à Edimbourg des procédures antiseptiques d'avant-garde suite à la lecture du mémoire de Pasteur sur la fermentation lactique. Il ne manque pas une occasion de rappeler sa dette à l'égard du savant français.
Celui-ci, orateur de talent, se fait auprès des chirurgiens le chantre de l'asepsie. Il leur prescrit de se nettoyer soigneusement les mains avant d'entrer en contact avec un patient, geste qui nous paraît aujourd'hui relever de l'évidence... Il s'ensuit une amélioration notable de l'espérance de vie partout dans le monde.
En 1877, Pasteur est conduit à travailler sur le «charbon», une maladie qui ravage les élevages, en parallèle avec un jeune médecin allemand, Robert Koch. Leurs travaux conjoints démontrent la nature bactérienne de cette maladie.
Dans la foulée, Louis Pasteur étudie le choléra des poules, autre maladie infectieuse, et fait à cette occasion une découverte d'une grande portée : cette maladie, comme vraisemblablement bien d'autres maladies infectieuses de l'animal et de l'homme, peut être prévenue par la vaccination, autrement dit par le procédé mis au point de façon empirique par le docteur Jenner, 80 ans plus tôt, pour immuniser les sujets contre la variole.
En étudiant également la rage, maladie qui affecte les chiens et les renards, et peut se transmettre aux humains, Louis Pasteur confirme l'existence de virus porteurs de la maladie. Beaucoup plus petits que les bactéries, les virus (ainsi baptisés par Jenner d'après un mot latin qui signifie poison) sont invisibles au microscope et, heureusement, ne se multiplient pas d'eux-mêmes dans un milieu de culture.
Fort de ses résultats, le savant développe une méthode en vue d'inventer et de produire des vaccins adaptés à chaque maladie infectieuse, pas seulement la variole.
Ses succès en cascade valent la gloire à Pasteur (y compris une élection à l'Académie française le 8 décembre 1881 au fauteuil d'Émile Littré). Mais la fortune n'est pas au rendez-vous. Le savant, en effet, a déposé des brevets sur ses inventions mais en a cédé les droits à l'État afin de leur assurer la plus grande diffusion possible (c'est ainsi par exemple que la «pasteurisation» est très vite mise en oeuvre jusqu'en Californie).
Le meilleur reste à venir. Le 6 juillet 1885, tandis que la France de la IIIe République est à son zénith, Louis Pasteur reçoit dans son cabinet de l'École Normale Supérieure un petit berger alsacien, Joseph Meister. Celui-ci a été mordu par un chien enragé et a besoin de soins immédiats. Contre l'avis des médecins qui voulaient le garder à l'hôpital, sa mère a obtenu de le conduire auprès du célèbre savant.
Indifférent à notre «principe de précaution», Louis Pasteur prend le risque de lui inoculer un nouveau vaccin de son invention. Et à son grand soulagement, l'enfant sort guéri de l'épreuve.
Joseph Meister deviendra plus tard le dévoué gardien de l'Institut Pasteur et lorsqu'en 1940, des officiers allemands demanderont à se recueillir devant la tombe du grand homme, il choisira de se suicider plutôt que de les laisser entrer.
Avec un art consommé des relations publiques, le savant magnifie sa victoire sur la rage, une maladie somme toute marginale. Au comble de la gloire, il satisfait son goût pour les honneurs et les décorations. Mais surtout, il arrive à capter une partie de la générosité populaire au profit de la recherche médicale. C'est ainsi qu'il lance une souscription en vue de fonder l'Institut qui portera son nom. «Il n'est pas une pierre qui ne soit le signe d'une généreuse pensée», dit-il de l'édifice élevé au sud de Paris, dans le quartier de Vaugirard. Il le dirigera jusqu'à sa mort, le 28 septembre 1895.
La France organise des obsèques nationales pour celui que certains désignent avec quelque exagération comme «le plus grand bienfaiteur de l'humanité». Inhumé dans son Institut, le savant continue d'inspirer ses chercheurs...
Depuis plus d'un siècle en effet, les «Pastoriens» multiplient les découvertes que sont venus couronner huit prix Nobel, dont les professeurs Jacob, Monod et Lwoff en 1965. En 1894, Alexandre Yersin isole à Hong-Kong le bacille de la peste. En 1921, Albert Calmette et Camille Guérin mettent au point le vaccin BCG contre la tuberculose. En 1983, le professeur Luc Montagnier découvre le virus du sida...
Je recommande la lecture d'un passionnant livre du savant René Dubos (1901-1982) : La leçon de Pasteur (206 pages, Albin Michel, 1987). Limpide, vivant et chaleureux, il aborde à la fois les aspects humains et professionnels de la vie de Pasteur. Un livre propre à transmettre la passion de la science.
Le 14 novembre 1910, un avion biplan décolle du croiseur américain Birmingham. C'est la naissance de l'aéronavale. Onze mois plus tard, le pilote Eugène
Ely réussit l'opération dans les deux sens (décollage et atterrissage) sur une plate-forme spécialement aménagée à l'arrière du cuirassé Pennsylvania. Le porte-avions est né.
Le 14 novembre 1913, Marcel Proust publie à compte d'auteur Du côté de chez Swann. L'écrivain ajoutera six tomes à ce livre hors du commun pour en faire le
roman le plus long et l'un des plus beaux de la langue française sous le titre À la recherche du temps perdu. Au total, 17 ans de travail acharné.
Tout commence par une déconvenue : en 1909, l'éditeur Alfred Vallette refuse le manuscrit Contre Sainte-Beuve. Marcel Proust reprend son texte et par retouches et additions successives en fait un roman, d'abord intitulé : Les intermittences du coeur, Le temps perdu, puis Du côté de chez Swann, À la recherche du temps perdu.
«Je suis peut-être bouché à l'émeri, mais je ne puis comprendre qu'un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil !» C'est ainsi que le directeur de la maison d'édition Ollendorf justifie son refus de publier en 1913 la première partie de Du côté de chez Swann. Et il ne sera pas le seul à reculer devant ce manuscrit indéchiffrable, sans chapitre ni alinéa, couvert de ratures et à la taille totalement démesurée !
Les lecteurs professionnels de chez Fasquelle, éditeur de Gustave Flaubert et Émile Zola, s'arrachent eux aussi les cheveux : «Au bout de sept cent douze pages de ce manuscrit [...], après d'infinies désolations d'être noyé dans d'insondables développements et de crispantes impatiences de ne pouvoir jamais remonter à la surface, on n'a aucune, aucune notion de ce dont il s'agit. Qu'est-ce que tout cela vient faire ? Qu'est-ce que tout cela signifie ? Où tout cela veut-il mener ? Impossible d'en rien savoir ! Impossible d'en pouvoir rien dire !»
Arrivé chez Gallimard, toute jeune maison d'édition, le document est encore dédaigné «pour son énormité et pour la réputation de snob qu'a Proust». On dit même que le comité de lecture, présidé par André Gide (il en restera honteux à vie), se serait contenté de parcourir quelques passages de cette montagne de pages compactes avant d'opter pour un rejet définitif.
Finalement, Proust parvient à être publié chez Bernard Grasset mais à la condition... de payer lui-même les frais d'édition ! Il doit donc puiser dans sa fortune personnelle, fruit d'un héritage bienvenu, pour faire paraître son texte à compte d'auteur, le 14 novembre 1913. Le public reconnaîtra néanmoins son talent après les articles enthousiastes de Paul Souday et Henri Ghéon, critiques aujourd'hui oubliés. Le prix Goncourt consacrera enfin l'auteur en 1919 en récompensant À l'ombre des jeunes filles en fleurs (NRF, 1918).
Voici le tout début de La Recherche, et des insomnies du narrateur :
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : « Je m'endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage...» (premières lignes d'Un Amour de Swann)
Il est vrai que
ce moustachu toujours tiré à quatre épingles inspire peu confiance : fils d'un brillant professeur de médecine et d'une Alsacienne juive qu'il adore, le jeune Proust se console d'un asthme
douloureux par la fréquentation assidue des salons, se créant ainsi une réputation de dilettante amplifiée par son célibat d'homosexuel.
Certes, il écrit : des nouvelles, des articles, des pastiches et même un roman (Jean Santeuil, resté inachevé, sera publié en 1952). Mais il passe surtout pour un snob, habile à circuler avec familiarité dans les fêtes organisées par la haute société. Il en profite pour observer sans complaisance cette aristocratie qu'il peindra avec mordant dans sa Recherche.
Les quatorze années consacrées à la rédaction de La Recherche ne parviendront pas à changer l'image de dandy et d'amateur collée à Proust : cette œuvre n'a-t-elle pas pour héros un mondain frivole et désœuvré, uniquement sensible aux affres de l'amour, de la jalousie et du temps qui passe ? Proust a pourtant abandonné la bonne société pour s'enfermer dans son appartement du boulevard Haussmann aux murs couverts de plaques de liège pour atténuer les bruits de la rue. Souffrant, il ne quitte guère son lit où il aligne inlassablement les phrases, la plus longue ne faisant pas moins de 414 mots !
Épuisé par la maladie et le travail, Marcel Proust meurt le 18 novembre 1922 sans avoir pu contempler la réalisation totale de sa «cathédrale» de l'écriture, premier roman moderne bâti comme une véritable symphonie. Devenue un monument de la littérature, l'œuvre passe pour interminable et difficile d'accès. Mais La Recherche du temps perdu, qui fait si peur aux néophytes, n'est-elle pas en fait que le reflet de la complexité de la vie-même ? Il ne faut pas hésiter à picorer dans les pages pour aller à la rencontre de ces personnages d'une autre époque qui nous ressemblent tant. À vous de retrouver le temps perdu !
Savez-vous que la fameuse madeleine qui permit à Proust de se replonger dans son enfance près de Chartres, à Illiers
(rebaptisé Combray dans le roman) était à l'origine une simple tranche de pain grillé ? Relisons le passage devenu l'exemple parfait pour illustrer le phénomène de la réminiscence :
« [...] machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine.
Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé,
sans la notion de sa cause. [...] J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau,
mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle? Que signifiait-elle ? » (extrait de Du Côté de chez Swann)
Claude Monet est l'un des fondateurs de l'école impressionniste. Sur la fin de sa vie, il devint l'ami de Georges Clemenceau. Après la Grande Guerre, il offrit ses compositions des Nymphéas à la République française.
Contemporain d'Isaac
Newton, Gottfried Wilhelm von Leibniz a, comme lui, laissé une oeuvre immense dans tous les domaines de l'activité humaine, de la théologie aux
mathématiques, en passant par l'histoire, les techniques, la chimie,...
Il a été aussi un diplomate très actif, notamment auprès de Louis XIV, à la cour de Versailles, avant de s'établir en 1676 pour le restant de sa vie à Hanovre, en qualité de bibliothécaire du duc de Brunswick-Lünebourg. C'est là qu'il va développer le concept philosophique de «monade», un constituant élémentaire et indivisible de l'univers, qui en serait aussi le reflet...
Le nom de Leibniz ne demeure plus attaché qu'à l'invention du calcul infinitésimal mais il était, au XVIIIe siècle, même après sa mort, au centre de tous les débats intellectuels.
En France, Émilie du Châtelet s'est illustrée en faisant la démonstration expérimentale dans son château de Cirey de son hypothèse sur l'existence, dans tout objet
en mouvement, d'une «énergie cinétique» proportionnelle à sa masse... et au carré de sa vitesse. Après la mort de cette femme exceptionnelle, son amant Voltaire s'est montré
moins amène à l'égard du savant allemand. Il s'est appliqué à ridiculiser son optimisme philosophique dans le conte Candide, inspiré par le tragique séisme de Lisbonne.
Voir : 1ère «femme savante»
Jean-Baptiste Say
Jean-Baptiste Say est l'un des plus grands économistes français. Libéral, il a dénoncé avec une rare prescience les aventures coloniales.