Événements
Le 16 novembre 767, l'ermite Émilion s'éteint dans son refuge des environs de Bordeaux.
Autour de son tombeau se développe au Moyen Âge une cité qui porte son nom, avec en son centre une curieuse église monolithique dont la nef est creusée dans le sous-sol calcaire. La cité est
célèbre aujourd'hui dans le monde entier en raison de la qualité exceptionnelle de son vignoble et de la beauté de ses paysages. Saint-Émilion est inscrite au patrimoine mondial de
l'humanité.
Le 16 novembre 1532, l'Inca Atahualpa se rend en grande pompe auprès de Pizarre dans l'espoir de sauver son pays, l'empire inca mais il est aussitôt
arrêté...
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Dans les vallées littorales et les hauts plateaux du Pérou, se sont épanouies les plus grandes civilisations d'Amérique du Sud, jusqu'à l'arrivée des Espagnols, et de Pizarre
en particulier, en 1532.
Ces civilisations dites «précolombiennes», car nées avant l'arrivée de Christophe Colomb, se sont développées, soulignons-le, en l'absence de tout contact avec les autres civilisations !
Les autres régions du continent, qu'il s'agisse de la forêt amazonienne ou de la steppe (la «Pampa») argentine, sont restées le domaine de la chasse et de la cueillette ainsi que de l'agriculture itinérante sur brûlis.
Francis Pizarre (en espagnol Francisco Pizarro) est un soldat espagnol brutal et illettré. Après la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb, il a quitté son Estrémadure natale et s'est embarqué en quête d'aventures.
Déjà quinquagénaire, il rêve de renouveler l'exploit d'Hernan Cortés, un aristocrate de sa région qui a soumis le royaume aztèque, dans l'actuel Mexique. Il s'associe avec un autre «conquistador» de son espèce, Diego de Almagro. Ensemble, ils explorent la côte occidentale de l'Amérique du sud.
Forts de leurs découvertes, ils obtiennent le soutien de l'empereur Charles Quint pour la conquête de l'empire inca, au coeur de la chaîne montagneuse des Andes. C'est ainsi qu'ils débarquent à Tumbes, au nord du Pérou, à la tête de 183 aventuriers... et avec 37 chevaux.
La petite troupe s'engage dans l'ascension de la cordillère des Andes, à la rencontre de l'Inca, le souverain de ces montagnes.
En chemin, Pizarre obtient confirmation de l'existence de fabuleuses mines de métaux précieux, or et argent. Le conquérant apprend aussi que l'Inca Atahualpa est en butte à une rébellion conduite par son propre frère Huascar. Il joue de la rivalité entre les deux hommes pour imposer sa médiation. C'est ainsi qu'il invite Atahualpa à lui rendre visite dans la localité de Cajamarca.
Quand l'Inca arrive avec sa suite, le chapelain espagnol l'exhorte à se convertir et lui tend la Bible. L'Inca la rejette. Le chapelain, alors, se tourne vers son chef et lui dit : «Je vous absous» (sous-entendu : pour tous les crimes que vous allez commettre). À ce signal, les cavaliers dissimulés derrière les maisons massacrent les Indiens au canon et à l'arquebuse. Plusieurs milliers succombent.
L'Inca avait coutume de dire : «Dans ce royaume, aucun oiseau ne vole, aucune feuille ne bouge, si telle n'est pas ma volonté». L'Espagnol n'en a cure et se saisit d'Atahualpa. Le prisonnier lui promet une rançon fabuleuse contre la promesse de la vie sauve. C'est ainsi que, pendant des mois, les sujets de l'Inca amènent à Pizarre des caravanes chargées de métaux précieux. Au total l'équivalent de 4.600.000 ducats espagnols.
Pour complaire à son bourreau, l'Inca, de sa cellule, ordonne aussi l'exécution de son rival Huascar et se fait baptiser...
Mais Pizarre n'a
cure de ces démonstrations de bonne volonté. Ayant obtenu la rançon qu'il voulait, il fait traduire l'Inca en jugement. Au terme d'un procès évidemment inique, le prisonnier est condamné à être
brûlé vif.
Par une singulière mesure de clémence, Pizarre se contente de le faire garrotter dans sa cellule le 29 août 1533. L'empereur Charles Quint condamnera vivement ce crime mais n'y pourra rien changer.
C'est la fin de l'empire inca qui domina les Andes pendant quelques décennies et développa une civilisation originale, fondée sur l'adoration du soleil et la culture de la pomme de terre.
Pizarre achève la conquête du pays et fonde la ville de Lima. Bientôt, il ne tarde pas à se disputer avec ses compagnons de fortune. Il fait exécuter Almagro mais meurt lui-même assassiné par les amis de ce dernier le 26 juin 1541...
La colonisation espagnole peut commencer. Dès 1543 est fondée la vice-royauté du Pérou, qui régente toute l'Amérique du Sud espagnole. Sa capitale est Lima, ville créée par Pizarre sur la côte de l'océan Pacifique.
Au XVIIIe siècle, elle est considérablement réduite par la création des vice-royautés de
Nouvelle-Grenade et du Rio de la Plata ainsi que de la capitainerie générale du Chili, lequel a été occupé par un émule de Pizarre.
Dans ces territoires le joug des colons espagnols ne tarde pas à s'appesantir.
La population indienne chute dans des proportions effroyables jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, du fait des oppressions de toutes sortes, des maladies introduites par les Européens (variole, rougeole)...et du travail forcé (la «mita»), en particulier dans les mines d'argent du Potosí (Bolivie actuelle).
Sur les ruines de l'empire inca naîtront au XIXe siècle les États indépendants du Pérou, de l'Équateur et de la Bolivie. Leurs origines dramatiques leur valent encore de nos jours un sort pitoyable.
Le défunt roi, par son testament du 2 octobre, avait désigné le petit-fils du roi de France, le duc Philippe d'Anjou (17 ans) pour lui succéder, bien que le jeune Bourbon fût issu d'une dynastie hostile depuis deux siècles aux Habsbourg. Mais son choix, tout à l'honneur de la France, avait irrité l'empereur d'Allemagne, Léopold 1er de Habsbourg, qui aurait préféré que la couronne échût à son second fils, l'archiduc Charles.
Les droits de l'Autrichien étaient de même nature que ceux du roi de France. Léopold 1er et Louis XIV étaient tous deux beaux-frères de Charles II et petits-fils de Philippe III d'Espagne.
Louis XIV, âgé de 62 ans, craint à juste titre que l'accession de son petit-fils sur le trône d'Espagne ne bouleverse l'équilibre européen et ne ligue les autres pays contre la France. Il cherche des garanties tandis que l'ambassadeur d'Espagne, Castel dos Rios, fait antichambre trois jours durant pour connaître sa décision.
Enfin, le 16 novembre, à son lever, le Roi-Soleil s'adresse aux courtisans et aux diplomates, rassemblés dans la Grande Galerie du château de Versailles : «Messieurs, voici le roi d'Espagne ! La naissance l'appelait à cette couronne, le feu roi aussi par son testament ; toute la nation l'a souhaité et me l'a demandé instamment, ce que je leur ai accordé avec plaisir, c'était l'ordre du Ciel».
Puis, se tournant vers son petit-fils, le duc d'Anjou : «Soyez bon Espagnol, c'est présentement votre premier devoir ; mais souvenez-vous que vous êtes né Français, pour entretenir l'union entre les deux nations ; c'est le moyen de les rendre heureuses et de conserver la paix en Europe».
S'ensuit un petit dialogue entre le roi et l'ambassadeur espagnol Castel dos Rios sur la date du départ du nouveau souverain Philippe V, prévu le 1er décembre et effectif le 4, et sur la météo pyrénéenne.
Le Mercure Galant, dans sa relation de l'épisode, attribue à Rios la fameuse phrase: «Quelle joie Sire ! Il n'y a plus de Pyrénées !» Il n'est pas certain que Rios ait jamais prononcé cette phrase. Elle sera plus tard attribuée quelquefois à Louis XIV lui-même.
À l'exception de l'archiduc d'Autriche, Léopold 1er, tous les souverains reconnaissent le nouveau roi d'Espagne, Philippe V. Celui-ci est bien accueilli par ses sujets... et ne sera surpassé en popularité que par son lointain descendant, l'actuel roi d'Espagne Juan Carlos Ier !
Les désillusions vont très bientôt arriver et déboucher sur la dernière et plus dramatique guerre du Roi-Soleil : la guerre de Succession d'Espagne, due aux maladresses de Louis XIV et au ressentiment des grandes puissances à l'égard de la France et de sa nouvelle alliée, l'Espagne.
Après l'établissement de la paix d'Utrecht et la mort de Louis XIV, un premier ministre espagnol, le cardinal Giulio Alberoni, va remettre sur la table les droits de Philippe V à la couronne de France. Il en résultera la conspiration de Cellamare (1718)... et l'éviction d'Alberoni. Les branches espagnole et française des Bourbons vivront désormais leur vie chacune de leur côté.
Du 16 novembre 1805 sont datées les dernières notes de voyage de Mungo Park.
Cet Écossais tôt disparu est le premier Européen à visiter l'Afrique en qualité d'explorateur et d'anthropologue. De lui nous tenons l'essentiel de nos connaissances sur les sociétés noires d'avant la colonisation.
Les rares voyageurs qui l'ont précédé, comme Anselme d'Isalguier, originaire de Toulouse, et Léon l'Africain, originaire de Grenade, n'ont pas influé sur la perception qu'avaient les Européens de l'Afrique.
Du XVe au XVIIIe siècles, les Européens, à commencer par les Portugais, s'en tenaient à des établissements côtiers où ils troquaient leurs marchandises contre de l'ivoire et des esclaves avec les chefs de l'intérieur. La difficulté d'accostage des navires, l'insalubrité des côtes infestées de moustiques et la pauvreté d'ensemble du continent les dissuadaient de s'aventurer plus avant.
Mungo Park naît à Foulshiels (Selkirkshire, Écosse) le 20 septembre 1771.
Jeune chirurgien, il est engagé sur le Worcester pour un premier voyage qui le mène à Sumatra. Il tire de ce voyage une description qui lui vaut d'être engagé par l'African Association pour reconnaître la région du Niger, en Afrique occidentale. C'est ainsi qu'à 24 ans, en 1795, il part en mission en Afrique.
Il remonte le fleuve Gambie, au milieu du Sénégal actuel, jusqu'à l'ultime poste britannique, à 200 miles en amont. De là, il s'engage vers l'intérieur seulement accompagné de deux serviteurs noirs. Les péripéties foisonnent. Ainsi est-il capturé par un chef maure et réussit-il à s'enfuir au bout de quatre mois.
Le 21 juillet 1796, il atteint le fleuve Niger à Segou. Pour le retour, il suit une route plus au sud. Malade, il doit à la bienveillance d'un chef noir de pouvoir se rétablir pendant sept longs mois. Enfin, le 22 décembre 1797, le voilà de retour en Grande-Bretagne après un crochet par... l'Amérique (dans le commerce triangulaire, aucun navire ne revenait directement d'Afrique en Europe).
Mungo Park écrit le récit de son expédition : Voyage à l'intérieur de l'Afrique. Il lui vaut une immense popularité. L'explorateur peut alors songer à se marier et s'établit dans son village natal. Mais le démon de l'aventure le reprend quand, à l'automne 1803, le gouvernement l'invite à repartir pour le Niger, cette fois à la tête d'une imposante expédition. Il a soin d'apprendre auparavant l'arabe.
L'expédition quitte le port de Portsmouth pour la Gambie le 31 janvier 1805. Mais, trop lourde, elle n'atteint le Niger qu'en août de la même année, plusieurs Européens ayant déjà succombé aux fièvres ou à la dysenterie.
Mungo Park décide de descendre le cours du fleuve en bateau. Celui-ci, construit avec les moyens disponibles, est baptisé «Joliba», nom indigène du Niger. Avant de larguer les amarres, il confie à Isaac, un guide mandingue (tribu locale), des lettres pour l'Angleterre et au Colonial Office où il précise ses intentions : «J'irai vers l'Est avec la ferme résolution de découvrir l'embouchure du Niger ou de périr... Bien que tous les Européens qui m'accompagnent soient déjà morts ou sur le point de mourir et que je sois moi-même à moitié mort, je persévèrerai et si je ne réussis pas, au moins mourrai-je dans le Niger»...
L'explorateur écossais disparaît peu après avec les derniers survivants de son équipe dans un naufrage sur le Niger. Ainsi s'achève l'épopée du premier Européen qui ait réussi à pénétrer dans l'intérieur du continent noir.
De son premier voyage, Mungo Park a rapporté de précieuses indications sur les sociétés d'Afrique occidentale. Ainsi souligne-t-il dans son récit la diffusion rapide d'un islam abâtardi dans toute la région du Sahel (le Mali actuel). Il note aussi la haine des Noirs pour les Maures (lui-même ne porte pas ces derniers dans son coeur et leur reproche leur cruauté et leurs menteries).
Il souligne la fréquence des guerres. Celles-ci sont de deux types. D'une part des guerres formelles à l'européenne, d'autre part des rezzou ou coups de main ayant pour objectif principal la vengeance et la quête d'esclaves.
Résultat des guerres, les famines et les disettes sont fréquentes et parfois si dramatiques que des hommes libres n'hésitent pas à se vendre eux-mêmes comme esclaves ou à vendre leurs propres enfants. Il arrive, raconte Mungo Park, que des négriers européens intallés sur la côte reçoivent de telles propositions !
L'explorateur souligne l'importance de l' esclavage, profondément enraciné dans les structures sociales africaines. Parmi les esclaves, il y a ceux qui le sont par naissance. Ceux-là, plus dociles, sont plus volontiers revendus aux Européens. Il y a aussi ceux qui le sont devenus par le fait d'une guerre ou de leur insolvabilité.
Mungo Park décrit des savanes arborées et des paysages aux collines verdoyantes. Partout, la menace des bêtes fauves et des lions, dont les villageois se protègent par des clôtures.
Une seule contrée, à l'ouest de la Gambie, pratique la fumure et utilise le fumier des bêtes pour fertiliser les sols. Elle dispose aussi d'une petite sidérurgie.
Mungo Park déplore les cases enfumées, les Africains ignorant les cheminées qui permettent d'économiser du combustible et d'évacuer la fumée.
Il regrette que les Européens de la côte ne se soucient pas de répondre à la curiosité des Africains ni de leur enseigner leur langue et leur foi.
En-dehors des esclaves, l'Afrique occidentale exporte pour l'essentiel de la poudre d'or et de l'ivoire. Les Noirs achètent aux Européens de leur côté du rhum, des fusils, de la poudre,... Ils achètent par ailleurs aux Maures du sel gemme.
Notons que sur les rives de Gambie, il s'écoule plusieurs mois sans que passe un seul navire négrier. Quand Mungo Park en trouve enfin un, celui-ci l'amène aux Antilles en 25 jours... Sur le navire sont embarqués aussi 130 esclaves, dont 25 qui furent naguère libres, les autres étant des esclaves de naissance. Le voyage, périlleux, se solde par 20 à 30 décès...
Toutes ces indications figurent dans les traductions du Voyage à l'intérieur de l'Afrique (nombreuses éditions de poche). -
Le 16 novembre 1919, les élections amènent à la Chambre des députés une majorité de droite, le Bloc national, avec beaucoup d'anciens combattants (la Chambre est dite «bleu horizon», de la couleur de l'uniforme).
Cette coalition devait à l'initiative d'Alexandre Millerand regrouper toutes les formations qui avaient fait partie de l'union sacrée pendant la Grande Guerre. Mais les socialistes en avaient été exclus en raison de leurs compromissions avec les bolchéviques russes et les radicaux s'en étaient exclus du fait de l'absence des socialistes...
Atteinte dans sa vitalité par le carnage de la Grande Guerre et son contrecoup sur la natalité, la France peine à retrouver sa prospérité d'antan et compte sur les réparations allemandes pour la sortir d'affaire. Président du Conseil, Raymond Poincaré, fait occuper la Ruhr pour garantir leur versement. C'est un échec que les électeurs sanctionnent lors du scrutin du 11 mai 1924 en remplaçant le Bloc national par le Cartel des gauches.
Le 16 novembre 1920, la défaite de l'«Armée blanche» de Wrangel, à Sébastopol, met fin à la guerre civile en Russie et consacre la victoire des
bolcheviques et de Lénine.
Roi de Suède à 16 ans, Gustave II Adolphe est le petit-fils de Gustave 1er, premier souverain de la dynastie Vasa et véritable fondateur de l'État suédois moderne. Il poursuit activement la modernisation de la Suède et intervient dans la guerre religieuse qui ravage l'Allemagne, et que l'Histoire a baptisé guerre de Trente Ans, avec le dessein de faire de la mer Baltique un «lac suédois»...
bonne continuation