C'est le 18 novembre 1307 que, selon la tradition, un méchant bailli aurait obligé Guillaume Tell à viser avec son arbalète une pomme placée sur la tête de son fils... Cette histoire poignante est le plus célèbre mythe de l'Histoire suisse.
Le 18 novembre 1626, le pape Urbain VIII Barberini consacre la nouvelle basilique Saint-Pierre de Rome, sur la colline du Vatican.
Une première basilique a été bâtie 13 siècles plus tôt, à partir de 322, à l'initiative de l'empereur Constantin, en ce lieu où, si l'on en croit la tradition et les archéologues, l'apôtre Pierre aurait été enseveli après son martyre.
Mais au cours du Moyen Âge, la colline du Vatican, située sur la rive droite du Tibre, à l'écart de Rome, retombe dans un relatif oubli. Jusqu'à leur départ pour Avignon, en 1305, les papes résident dans le palais du Latran, sur la propriété d'une ancienne famille romaine, les Laterani, devenue résidence des empereurs après que ceux-ci eurent abandonné le mont Palatin. Les papes du Moyen Âge apprécient aussi la basilique Sainte-Marie-Majeure, construite au IVe siècle sur la colline de l'Esquilin.
Tout bascule en 1377 quand le pape, reprenant le chemin de Rome, trouve le palais du Latran dans un tel état de dévastation qu'il doit s'établir au Vatican ! C'est le début d'un prodigieuse histoire.
En 1506, la vieille basilique Saint-Pierre menaçant ruine, le pape Jules II della Rovere décide de la reconstruire. Il fait appel à la générosité des fidèles pour financer l'entreprise de reconstruction.
La collecte des dons donne lieu en Allemagne à des abus qui scandalisent le moine Martin Luther, d'où le protestantisme et les premières guerres de religion. Cela n'empêche pas les travaux de suivre leur cours.
Les plus grands artistes de la Renaissance italienne sont associés à la construction de la nouvelle basilique. C'est ainsi que l'architecte Bramante dessine le plan de la basilique. En rupture avec la tradition médiévale, il opte pour un plan en forme de croix grecque (avec quatre branches égales). Mais en 1546, Michel-Ange Buonarroti (71 ans) remanie les plans de son ancien rival, mort en 1514, et dessine une majestueuse coupole (136,50 mètres de hauteur totale). Ce n'est pas fini...
En 1605, après une longue controverse, le pape Paul V Borghèse décide d'abandonner la croix grecque du plan initial. La nef est prolongée et transformée en croix latine pour se conformer aux préceptes et aux rituels de la Contre-Réforme catholique.
Au XVIIe siècle, enfin, l'artiste baroque Le Bernin conçoit un baldaquin monumental de 29 mètres de haut au-dessus de l'autel et de la tombe de Saint Pierre. Il réalise la colonnade aux 140 statues qui encadre avec harmonie le parvis et permet à un million de pèlerins d'assister aux cérémonies et d'avoir vue sur la célèbre fenêtre d'où les papes adressent leur bénédiction urbi et orbi («à la ville et à l'univers»).
D'une superficie de 22000 m2 (quatre fois plus vaste que Notre-Dame de Paris), Saint-Pierre est de fait le plus vaste édifice religieux qui soit. La somptuosité de sa façade, de sa colonnade et de sa nef intérieure en font le chef-d'oeuvre de l'architecture baroque.
En 1940, la découverte d'une très ancienne nécropole chrétienne a paru confirmer la présence de la dépouille de Pierre sous le maître-autel de la basilique.
Le 18 novembre 1738, le traité de Vienne met fin à la guerre de la Succession de Pologne.
Cinq ans plus tôt, Stanislas Leszczynski avait été élu pour la deuxième fois roi de Pologne.
Mais avec une monarchie élective devenue insensée depuis le «Liberum veto» de 1652, le trône polonais s'était mis à la merci des querelles nobiliaires et les souverains des États voisins ne se faisaient pas faute de s'immiscer dans ces querelles pour en tirer parti. C'est ainsi que, désavouant le choix de la Diète polonaise en faveur de Stanislas, la tsarine de Russie Anna Ivanovna et l'empereur d'Allemagne Charles VI de Habsbourg avaient envoyé des troupes contre le roi élu.
Mais Stanislas avait un allié de choix en la personne de son gendre, rien moins que le roi de France Louis XV, qui avait épousé sa fille Marie. La guerre se prolongea plus que de raison et, pour en finir, le cardinal Fleury, ministre de Louis XV, imposa sagement à Stanislas de renoncer à la Pologne.
On assista alors à un curieux jeu de chaises musicales comme les diplomates de l'Ancien Régime en avaient le secret :
– En échange du trône polonais, Stanislas obtint les duchés de Bar et de Lorraine que la France convoitait depuis plusieurs décennies.
– François de Lorraine, le gendre de l'empereur, reçut le grand-duché de Toscane en compensation de la cession de son duché à Stanislas.
– L'infant don Carlos d'Espagne, qui régnait sur la Toscane, obtint la Sicile et Naples, qui allaient former le royaume des Deux-Siciles.
– Enfin, le roi de France reconnut - mais du bout des lèvres - la Pragmatique sanction de l'empereur d'Allemagne Charles VI de Habsbourg. Celui-ci, qui n'avait pas de fils, prévoyait par cette ordonnance de transmettre le patrimoine des Habsbourg et le titre impérial à sa fille Marie-Thérèse.
Mais un malheureux concours de circonstances allait entraîner l'Europe dans une nouvelle guerre de Succession, d'Autriche celle-là. De son côté, Stanislas eut à coeur d'embellir sa nouvelle capitale, Nancy, et à sa mort, en 1766, ses duchés de Bar et de Lorraine furent annexés par la France, comme prévu.
Le 18 novembre 1793 ouvre officiellement le musée du Louvre, dans l'ancien palais de la monarchie. Le 10 août précédent, pour fêter le premier anniversaire de la chute de la royauté, l'assemblée révolutionnaire de la Convention avait décidé la création d'un «Museum de
la République» où seraient mis à disposition du peuple collections royales et oeuvres d'art confisquées aux émigrés et aux églises.
Richard Fremder nous raconte l'histoire du musée
depuis ses origines...
Le 18 novembre 1803, à Saint-Domingue, les débris de l'armée française capitulent devant les anciens esclaves. La colonie française devient le premier État noir indépendant sous le nom de Haïti. C'est le résultat d'une guerre odieuse voulue par le Premier Consul de la République française, Napoléon Bonaparte.
Dix ans plus tôt, les députés de la Convention avaient voté l'abolition de l'esclavage et mis fin à la révolte des Noirs exploités dans les plantations de Saint-Domingue.
Le chef des révoltés, Toussaint Louverture, se rallie à la Convention, obtient le grade de général et libère l'île des Anglais. Mais Toussaint Louverture ne veut pas en rester là. Le 8 juillet 1801, il occupe la partie orientale de l'île et se nomme Gouverneur général à vie de l'île réunifiée. Il mène une politique indépendante et signe des contrats de commerce avec les États-Unis et la Grande-Bretagne. Sans trop s'embarrasser de grands principes, il laisse aussi les planteurs blancs rétablir une forme de travail forcé. L'île renoue avec la prospérité d'antan.
C'est plus que n'en peut supporter le Premier Consul qui, dès 1799, caressait le désir de reconstituer un empire colonial aux Amériques «conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789».
Avec les encouragements des planteurs et de sa femme, Joséphine, native de la Martinique, il commence le 20 mai 1802 par légaliser l'esclavage puis, profitant du répit offert par la paix signée à Lunéville avec l'Autriche, décide de rétablir à Haïti la souveraineté française.
Le 14 décembre 1801, une flotte de 36 navires appareille de Brest, sous le commandement de l'amiral Louis Thomas Villaret de Joyeuse. En février 1802, elle débarque une première armée de 23.000 hommes au Cap-Français, sous le commandement du général Charles Leclerc, mari de Pauline Bonaparte et beau-frère du Premier Consul.
Par ailleurs, une expédition de onze navires quitte Brest et arrive à Pointe-à-Pitre le 2 mai 1802. Elle amène en Guadeloupe 3500 hommes sous le commandement du général Antoine Richepance. L'île, petite, est rapidement soumise et les insurgés sont impitoyablement massacrés par les héritiers de la Révolution. Dans le même temps, l'esclavage est rétabli sur l'île conformément au décret pris par Bonaparte le 20 mai 1802 : les hommes de couleur perdent leur citoyenneté et les travailleurs des plantations leur droit à un salaire.
À Saint-Domingue, l'arrivée du corps expéditionnaire français suscite un soulèvement général des anciens esclaves. Le général Henri Christophe, adjoint de Toussaint Louverture, met le feu à Cap-Français, qui avait la réputation d'être la «perle des Antilles».
Le 7 juin 1802, Leclerc invite Toussaint Louverture à conférer avec lui à la plantation Georges. A peine le chef noir s'y présente-t-il qu'il est arrêté par traîtrise (il ne semble pas que des généraux français eussent utilisé ce procédé à l'encontre de leurs ennemis européens mais un Bonaparte ou un Leclerc ne voyaient pas d'inconvénient à y recourir contre un «nègre»).
François Toussaint Louverture et sa famille quittent les chaleurs tropicales (sur un navire dénommé le Héros !). A l'instant de monter sur le navire, le prisonnier prononce ces mots célèbres : «En me renversant, on n'a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l'arbre de la liberté, mais il repoussera car ses racines sont profondes et nombreuses».
Par un raffinement de cruauté, ledit héros est enfermé sans jugement dans l'un des endroits les plus froids qui existent en France ! C'est le fort de Joux, dans le Jura. Il y meurt le 7 avril 1803 (ses cendres seront restituées à Haïti le 25 mars 1983).
Charles Leclerc réussit là-dessus à rallier à sa cause l'un des adjoints de Toussaint Louverture, Jacques Dessalines. Celui-ci traque sans pitié avec le dessein d'éliminer ses rivaux noirs puis de se retourner contre les Français et de rester seul maître de l'île.
Le 2 novembre 1802, le beau-frère du Premier Consul meurt lui-même victime de la fièvre jaune... comme la grande majorité de ses soldats. Un nouveau renfort de 10.000 hommes est expédié à Haïti sous le commandement du vicomte Donatien de Rochambeau (fils du commandant du corps expéditionnaire français dans la guerre d'Indépendance des États-Unis). Rochambeau n'obtient pas de meilleur résultat en dépit de son extrême cruauté. Ainsi dresse-t-il des chiens de combat pour poursuivre et déchiqueter les malheureux Noirs.
Ses troupes épuisées sont défaites le 18 novembre 1803 en un lieu dit Vertières et il doit se rendre le jour même au successeur de Toussaint Louverture, le général Jacques Dessalines, qui a parfaitement atteint son objectif.
Les garnisons françaises de l'île capitulent les unes après les autres et l'ancienne colonie proclame son indépendance le 1er janvier 1804. Elle reprend le nom de Haïti que donnaient à l'île ses premiers habitants amérindiens.
Au total, c'est près de 70.000 hommes que le Premier Consul aura détourné de la métropole dans le seul but de rétablir le système esclavagiste à Saint-Domingue. 55.000 d'entre eux auront laissé leur vie sous les tropiques, victimes des anciens esclaves ou des fièvres.
La tentative de reconquête de Haïti débouche sur un fiasco humain et moral au moins aussi important que celui de l'expédition d'Égypte. Néanmoins, la réputation du Premier Consul sur le continent européen n'aura pas à en souffrir (et les Français eux-mêmes se dépêcheront d'oublier cet épisode peu glorieux de la Première République).
Définitivement dégoûté des aventures coloniales, le Premier Consul renonce au mirage colonial. Il n'attend pas le retour de son corps expéditionnaire d'Haïti pour vendre aux États-Unis les possessions françaises de Louisiane.
Le 18 novembre 1890, le cardinal Charles Lavigerie, archevêque d'Alger, prend prétexte d'une
visite de l'escadre française de la Méditerranée dans sa ville pour lever son verre devant les officiers.
Le prélat, à 65 ans, jouit en France et dans le monde d'un immense prestige dû à son ouverture d'esprit et à son action missionnaire. Il a fondé les Pères blancs et les Soeurs
missionnaires de Notre-Dame d'Afrique. Deux ans plus tôt, en 1888, il s'est aussi lancé dans une vigoureuse campagne contre l'esclavage...
Le pape Léon XIII souhaite en finir avec les querelles sans fin entre l'Église catholique et les dirigeants laïques de la IIIe République, qui divisent la France et empêchent les catholiques de participer à la vie politique de leur pays. Il fait donc appel au cardinal pour amorcer le Ralliement des catholiques au «gouvernement actuel de leur pays».
C'est le fameux «toast d'Alger» :
«Quand la volonté d'un peuple s'est légalement affirmée, quand la forme d'un gouvernement n'a rien de contraire aux principes qui seuls peuvent faire vivre les nations chrétiennes et
civilisées ; quand, pour tenter d'arracher son pays aux abîmes qui les menacent, il faut l'adhésion à cette forme de gouvernement, le moment vient de déclarer, enfin, l'épreuve faite et de
sacrifier tout ce que la conscience et l'honneur ordonnent à chacun de nous de sacrifier pour le salut de la religion et de la patrie. C'est ce que j'enseigne autour de moi. Et ce que je souhaite
voir enseigner en France par tout notre clergé et, en parlant ainsi, je suis certain de n'être désavoué par aucune voix autorisée».
Mais avant que le toast n'ait produit la réconciliation attendue, l'Affaire Dreyfus va raviver la fracture entre militants catholiques et laïcs ! Il faudra encore beaucoup d'années, une quinzaine, avant que les extrémistes des deux camps ne laissent la place à une cohabitation de bon aloi, fondée sur la séparation des Églises et de l'État.
Le 18 novembre 1928, les spectateurs New Yorkais du Colony Theater applaudissent Mickey Mouse dans le film Steamboat Willie. Il s'agit de la
parodie parlante d'un succès de Buster Keaton, un comique du cinéma muet rival de Charlie Chaplin.
La petite souris, qui devait initialement s'appeler Mortimer, a été rebaptisée Mickey sur les instances de Mme Disney, la femme de son créateur.
Ce dernier, Walt Disney, prête sa voix à Mickey mais le résultat est si affligeant que dans le film Fantasia, la souris deviendra muette !
Le dessin animé a été inventé en 1892 par un Français, Émile Raynaud, pour le compte du musée Grévin, à Paris, quelques années avant la naissance du cinémalui-même ! Émile Raynaud invente aussi la pellicule perforée qui sera reprise par le cinéma avec le succès que l'on sait.
Le dessin animé connaît un bref essor avec un autre Français, Émile Cohl, mais c'est seulement au début des années 1920 qu'il entre dans l'ère moderne avec la mise en oeuvre de la taylorisation et de la fragmentation des tâches.
Ces techniques empruntées à l'industrie permettent d'abaisser considérablement le coût des productions. Il faut dire qu'un dessin animé réclame beaucoup plus de travail et d'investissement qu'un film classique pour obtenir les 24 images par seconde indispensables à une bonne animation.
Les premiers dessins animés, souvent à vocation publicitaire, sont des courts métrages de quelques minutes («cartoons» en anglais). Ils mettent en scène des personnages de fantaisie tel que Félix le chat.
Né à Chicago le 5 décembre 1901, Walter Elias Disney passe son enfance à la ferme, auprès d'un
père violent, avant d'entrer dans la vie active comme dessinateur publicitaire.
Avec son frère Roy et son ami Ubi Werks, dessinateur beaucoup plus talentueux que lui, il monte à Chicago un studio, Hollywood Walt Disney Studio, et crée un nouveau personnage, Oswald le lapin. Mais celui-ci lui est volé par un distributeur sans scrupule...
Et c'est dans le train qui le ramène de New York, où il a discuté avec ce distributeur, qu'il aurait eu l'idée d'un nouveau héros, Mickey la souris. Celle-ci s'acquiert un très rapide succès grâce au talent de conteur et de scénariste de Walt Disney et de nouveaux personnages viennent lui tenir compagnie (Donald le canard, Minnie,...).
Le studio devient une fructueuse affaire commerciale. Mais Walt Disney n'en reste pas là. En 1937, il lance un incroyable pari en investissant toute sa fortune dans la fabrication d'un premier dessin animé long métrage. Ce sera Blanche-Neige et les sept nains. Pour sa réalisation (un million d'images colorisées), le studio mobilise pas moins de 700 personnes !
Jusqu'à la première représentation, Walt Disney se demande si le public acceptera de regarder le dessin animé pendant pas moins d'une heure et demie... On connaît la réponse ! Blanche-Neige fait un triomphe, suivi de plusieurs autres, Pinocchio, Fantasia, Peter Pan,... et dès lors, la compagnie Disney se transforme en une fabuleuse fabrique de rêves, sans doute l'un des principaux apports des États-Unis à la culture universelle du XXe siècle.
Patron exigeant et parfois brutal, tout entier dévoué à son art, Walt Disney ternira quelque peu son image dans les années 1950 en participant à la «chasse aux sorcières» du sénateur anticommuniste Joseph Mccarthy.
Après la mort de Walt Disney, le 15 décembre 1966 à Los Angeles, le dessin animé va rester le domaine réservé des Américains jusqu'à l'irruption des productions japonaises au début des années 80.
Fils d'un charbonnier flamand, Léon Joseph Cardijn, devenu prêtre, forme un groupe de jeunes ouvriers chrétiens dans sa paroisse des environs de Bruxelles. En 1924, dans le droit fil de l'encyclique Rerum Novarum, il crée la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC), appelée à un grand rayonnement international tout au long du XXe siècle.
En 1913, Marcel Proust publie à compte d'auteur Du côté de chez Swann. Fils d'un brillant professeur de médecine, l'écrivain a une réputation de dilettante et de noceur. Pourtant, il ajoutera six tomes à ce livre hors du commun pour en faire le roman le plus long et l'un des plus beaux de la langue française sous le titre À la recherche du temps perdu. Au total, 17 ans de travail acharné.
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