Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 07:06
Événements

2 novembre 1439 
Naissance de l'impôt permanent

L'impôt permanent apparaît en France le 2 novembre 1439 sous la forme d'une ordonnance promulguée à Orléans par Charles VII et destinée à financer une armée royale permanente.

Au Moyen Âge, le roi se contentait du revenu de ses domaines héréditaires pour subsister et entretenir sa cour. Comme les seigneurs, il pouvait aussi prélever des péages ou des taxes sur l'usage de «banalités» (fours, moulins,...). Mais selon une tradition qui remonte à l'Antiquité romaine, il était inconcevable qu'il impose une taxe de quelque type que ce soit sur les revenus des propriétaires...

Financer la guerre

Lorsque le roi devait partir à la guerre et ne pouvait se suffire des armées de ses vassaux, il recrutait des mercenaires. Pour les payer, il convoquait alors les états généraux et leur demandait le droit de lever une aide pour la «taille des lances» (autrement dit l'achat et l'entretien des armes de guerre).  

Les états généraux, une assemblée temporaire apparue sous le règne de Philippe IV le Bel, 150 ans plus tôt, représentaient l'ensemble des sujets, avec des délégués des trois ordres de la société médiévale : clergé, noblesse et tiers état (le tiers état était formé de tous les sujets dépourvus de privilèges ; ses délégués appartenaient à la bourgeoisie des villes).

Après les victoires de Jeanne d'Arc, le roi Charles VII se dispose à bouter les Anglais hors du royaume. Il conclut à Arras en 1435 un traité avec le duc de Bourgogne, traditionnel allié des Anglais. Mais le traité met sur la touche des troupes de mercenaires que le roi et le duc employaient à la guerre et qu'ils ne veulent ni ne peuvent plus payer.

Le roi a besoin d'argent pour mettre à la raison ces bandes de pillards, les sinistres Écorcheurs, et pour chasser enfin les Anglais. Il fait une nouvelle fois appel aux états généraux. Mais les délégués se lassent de se réunir tous les ans pour renouveler l'autorisation de lever l'impôt.

À Orléans, le 2 novembre 1439, ils accordent à Charles VII la permission de renouveler la «taille» d'année en année.  Le roi ne se fait pas prier et publie donc une ordonnance pour prélever annuellement la taille dans le pays.

Par la même occasion, il se réserve le droit de nommer tous les capitaines, le nombre de leurs soldats et leur lieu d'affectation. Cette mesure qui vise les bandes d'Écorcheurs ne deviendra applicable qu'après la création d'une armée régulière, avec les ressources fiscales tirées de la taille.


L
a Praguerie

L'ordonnance d'Orléans destinée à financer l'armée royale a pour conséquence imprévue de coaliser contre le souverain plusieurs grands féodaux du royaume ainsi que son propre fils et héritier, le futur Louis XI !

Les seigneurs, dont la guerre et le pillage sont la raison de vivre, craignent de ne plus pouvoir lever des troupes à leur guise. Ils se coalisent à l'instigation d'Alexandre, bâtard de Bourbon. Parmi eux figurent Charles et Louis de Bourbon, La Trémoille, Jean d'Alençon et Dunois ; autant de grands chefs de guerre qui, pour certains, ont combattu dix ans plus tôt aux côtés de Jeanne d'Arc ! Le Dauphin Louis, qui n'a que 17 ans, accepte de remplacer son père sur le trône en cas de succès de la rébellion. Celle-ci prend le nom de «Praguerie», en référence à une révolte hussite, vingt ans plus tôt à Prague.

Tandis que les rebelles attendent le roi à Blois, celui-ci, qui a été averti, se rend à Amboise et appelle à l'aide son fidèle connétable de Richemont. Les féodaux, traqués et défaits, font leur soumission. Ils sont pardonnés à l'exception du bâtard de Bourbon, cousu dans un sac et noyé dans l'Aube. Le Dauphin, quand à lui, est exilé sur ses terres du Dauphiné.


2 novembre 1841 
Les Afghans humilient les Britanniques

Le 2 novembre 1841, à Kaboul, le meurtre d'un officier britannique du nom d'Alexandre Burnes débouche sur l'une des plus terribles défaites qu'ait jamais connue l'armée de Sa Majesté. Obligée de fuir vers Jalalabad, la garnison indo-britannique de Kaboul - environ 16.500 hommes - va être décimée dans les semaines qui suivent par les guerilleros afghans.

Cet événement nous rappelle que l'Afghanistan fait partie des très rares pays qui n'ont jamais accepté la tutelle des puissances étrangères,en particulier occidentales.


Rudyard Kipling (The young british soldier)

When you're wounded and left on Afghanistan's plains,
And the women come out to cut up what remains,
Jest roll to your rifle and blow out your brains
An'go to your Gawd like a soldier.

Lorsque tu gis sur le champ de bataille des plaines d'Afghanistan,
Et que les femmes s'approchent pour te tailler en pièces,
Mets la main sur ton fusil et fais-toi sauter la cervelle,
Pour aller à Dieu comme un soldat.


Le Grand
Jeu

Tout commence en 1809, quand le roi d'Afghanistan Soudjah chah, de la dynastie Durrani, signe un traité d'amitié avec Londres. Selon une tradition constante de ce pays, il cherche à l'étranger un protecteur qui lui permette de tenir tête aux clans ennemis. Mais, quelques jours après, il est déposé par son frère Mahmoud.

En 1826, Dost Mohammed chasse Mahmoud chah, lequel se réfugie à Hérat, à l'ouest du pays. Le vainqueur partage le reste du pays avec ses frères et prend le titre d'émir (sa dynastie se maintiendra jusqu'en 1929).

Quelques années plus tard, Henry Rawlinson, un jeune officier britannique en ambassade à Téhéran, auprès du chah de Perse, a la surprise de croiser une délégation russe qui se rend en visite chez Dost Mohammed. Il soupçonne des tractations entre celui-ci et les représentants du tsar et du chah. Le gouvernement de Londres, alerté, craint pour la sécurité de sa colonie des Indes.

Un corps expéditionnaire britannique débarque à la pointe du Golfe Persique afin d'intimider le chah de Perse qui assiège Hérat avec l'aide des Russes.

Le tsar, inquiet de la tournure des événements, retire son soutien au chah et assure que ses officiers, sur place, ont agi contre les ordres de son gouvernement ! Il les rappelle à Saint-Pétersbourg.

À Calcutta, le gouverneur général des Indes, Lord Auckland, veut poursuivre son avantage. Il adresse à Dost Mohammed une missive comminatoire. Il lui enjoint de renoncer à ses prétentions sur la ville de Peshawar, à la frontière avec les Indes britanniques.

Mais la lettre tombe mal à propos. À Kaboul, en effet, Alexandre Burnes, un officier britannique réputé pour sa hardiesse et sa connaissance de l'Asie centrale, a déjà gagné la confiance de Dost Mohammed et même réussi à le convaincre de rompre avec les Russes.

L'émir de Kaboul se montre irrité par la lettre de Lord Auckland et refuse tout compromis. Il se prépare à un affrontement avec la puissance britannique. Son ami Alexandre Burnes, la mort dans l'âme, doit regagner les Indes...

Les chancelleries ne vont pas tarder à parler du «Grand jeu» pour désigner ce ballet d'intrigues qui devait durer plus d'un siècle.


Promenade
militaire

À Calcutta, Lord Auckland se laisse convaincre par son secrétaire, MacNaghten, d'appuyer les prétentions du chah Soudjah (ou Shujah), réfugié aux Indes.

En 1838, une armée dite «armée de l'Indus» s'apprête donc à chasser Dost Mohammed. Son commandement est confié au général Keane. Elle est composée de 9.500 hommes de troupes britanniques et indiens, et appuyée par l'armée personnelle du chah Soudjah, forte de 6.000 hommes. Au total neuf régiments d'infanterie, deux de cavalerie, et d'autres formations de cavalerie, train, artillerie, génie et musique.

Cette troupe guerrière est aussi encombrée d'environ 16.000 chameaux et 8.000 chevaux, ainsi que de 38.000 accompagnateur(trices), y compris les «bazaar girls» préposées au repos du guerrier. Rien ne manque au confort de l'élite des nations. Sir Willoughby Cotten requiert les services de 260 chameaux pour sa suite ! Chaque officier a droit à dix valets, lesquels emmènent volontiers leur famille. On connaît un brigadier qui a mobilisé 60 chameaux pour ses bagages !

L'armée de l'Indus s'engage dans la passe de BolanAu lieu d'emprunter la passe de Khyber, principale voie de passage entre la vallée de l'Indus et l'Afghanistan, Keane fait un détour par le Sind et se présente au col de Bolan au printemps 1839.

Ce col commande un défilé long de 90 km où les soldats se trouvent soudain aventurés sous le feu de tireurs embusqués.

Burnes fait assaut d'improvisation, achète les chefs locaux et réussit à approvisionner le corps expéditionnaire réduit aux demi-rations. Le 25 avril 1839, enfin, son protégé, le chah Soudjah, peut faire son entrée à Kandahar.

L'étape suivante est la forteresse de Ghazni, une position renommée dans toute l'Asie centrale. Le corps expéditionnaire n'a pas emporté de pièces de siège et sa seule chance de succès est de faire sauter les portes pour ouvrir une brêche à une troupe d'assaut déterminée. Un jeune lieutenant nommé Henry Durand se porte volontaire pour cette mission hasardeuse. Une nuit de juillet, il lance son coup de main et la ville est conquise à la pointe des baïonnettes.

La promenade militaire se termine par un franc succès avec l'entrée solennelle à Kaboul, début août, du chah Soudjah. Comme à Kandahar, la population lui fait un accueil glacial. Qu'importe. Il s'installe dans la citadelle de Bala Hissar avec son harem de 600 femmes. Tout semble calme dans ce pays misérable où l'or anglais fait des miracles.


Les gaîtés de l'escadron

Le 3 novembre 1840, Dost Mohammed fait sa reddition à MacNaghten et négocie un exil doré aux Indes. Sir MacNaghten, devenu conseiller politique du nouveau chah et porté à la dignité de baronnet, peut envoyer un message selon lequel «tout est calme, de Dan à Bersheeba». Il brigue la position de gouverneur de Bombay et demande à s'éloigner. Le général Keane, devenu Lord Keane of Ghazni, ne tarde pas non plus à retourner en Inde.

Un nouveau général du nom d'Elphinstone assume le commandement militaire. Âgé de 60 ans, il n'a plus vu le feu depuis Waterloo.

Les troupes quittent la citadelle inconfortable pour bivouaquer à portée des murailles. Les magasins sont disposés à l'extérieur du campement. La vie de garnison s'organise, avec courses de chevaux, soirées de représentation, parties de cricket et matches de polo... Mais les liaisons entre officiers anglais et femmes indigènes alimentent le ressentiment des farouches Pachtounes.

Vue de Kaboul au milieu du XIXe siècle

Alexandre Burnes n'est pas le moins insensible au charme afghan. Il a préféré résider dans une maison forte de Kaboul plutôt que dans le cantonnement militaire. Le 1er novembre 1841, il est prévenu par son fidèle confident, Mohan Lal, un Cachemiri, qu'un coup de main serait tenté contre lui le lendemain.

Confiant en sa garde cipaye, il n'y attache pas d'importance. Le lendemain, une foule vociférante se présente sous ses murs et Burnes tente de négocier avant de fuir sous un déguisement. Il est lynché par la populace. MacNaghten et Elphinstone se montrent totalement désemparés devant ce désastre et leur indécision ne fait qu'aggraver l'hostilité des insurgés.

Les troupes britanniques perdent très vite le contrôle de la cité. Le 23 novembre, une attaque de diversion menée par un parti de fantassins se solde par la perte de 300 hommes et encourage les Kaboulis à poursuivre leurs assauts.

Le fils de Dost Mohammed, Mohammed Aqbar, s'infiltre à Kaboul avec une armée de secours. Les insurgés comptent maintenant 40.000 hommes en armes. Le 23 décembre, MacNaghten, qui a fait des propositions de compromis à Aqbar, se rend, accompagné de trois officiers à un lieu de rencontre proche du campement. Aqbar et sa suite les attendent assis en tailleur sur des tapis disposés sur la neige.

Après quelques mots de bienvenue, les Anglais sont assaillis par des gardes et emmenés attachés à dos de cheval vers la ville. MacNaghten est exécuté et son corps exhibé en haut d'un mât dans le bazar, sans que les troupes britanniques tentent d'intervenir.

Bien plus, le général Elphinstone perd toute velléité de résistance et donne des ordres au général Pottinger pour négocier une capitulation humiliante et un retour aux Indes.


De la défaite à la
déroute

Pottinger n'a aucune confiance en la parole de Mohammed Akbar. Plutôt que de partir sur le champ, il propose d'occuper la citadelle de Bala Hissar et de tenir jusqu'à ce qu'une armée de secours puisse arriver au printemps. Elphinstone ne veut rien savoir. C'est ainsi que l'armée quitte Kaboul le 6 janvier 1842 en direction de Jalalabad, à 150 km au sud, à une semaine de marche.

Les Anglais fuient Kaboul en 1841-1842

Les Anglais abandonnent leur artillerie et doivent laisser en otage un groupe d'officiers britanniques. Pottinger obtient seulement que les familles des otages ne soient pas laissées en arrière. Outre 4.000 combattants, la caravane compte 13.000 hommes et femmes de suite. Parmi eux 700 Européens. Dès que l'armée a levé le camp, les pillards se précipitent sur les bagages abandonnés.

Puis, des guerriers à cheval harcèlent l'arrière-garde mal protégée. Dès la fin du premier jour de marche, une grande partie du train est tombée aux mains des assaillants. Le soir, on ne peut dresser qu'une seule tente et la multitude doit coucher dans la neige, ce qui cause des gelures et des morts en grand nombre. L'armée abandonne les blessés à leur sort et poursuit sa route.

C'est alors qu'Aqbar apparaît et exige trois nouveaux otages, dont Pottinger, en attendant d'avoir négocié avec les chefs locaux le passage par le col de Khoord-Kaboul. Le lendemain, ce qui reste de l'armée de l'Indus s'engage dans le défilé qui longe un torrent à demi-gelé qu'il faut traverser à gué par treize fois.

guerriers afghans au XIXe siècle Les guerriers pathans, postés en surplomb, tirent les soldats comme des lapins avec leurs jezaïls, longs fusils de fabrication locale dont la précision est redoutable.

Par comparaison, la troupe anglaise est équipée de Brown Bess, des mousquets à chargement frontal qui datent des guerres napoléoniennes et portent à 150 mètres seulement.

Le soir du 10 janvier, après cinq jours de marche, il ne reste que 700 hommes de troupe et 4.000 civils en état de poursuivre. Deux jours plus tard, Elphinstone lui-même est retenu captif et fait dire aux rescapés de continuer sans lui.

La nuit suivante, un commando s'avance de nuit pour démanteler une barrière placée en travers du défilé. Lorsqu'ils sont découverts par les guetteurs, les hommes perdent toute notion de discipline et enlèvent la monture d'un chirurgien du nom de Brydon, qui se trouvait là.

Le chirurgien réussit néanmoins à franchir le passage. Il porte assistance à un cavalier indien agonisant qui lui confie son cheval en lui souhaitant de parvenir à Jalalabad.

Il ne reste plus que deux groupes de survivants. D'une part 14 cavaliers et 65 officiers et soldats, pour la plupart du 44e régiment d'infanterie, qui parviennent dans le village de Gandamak, à une journée de marche de Jalalabad mais subissent une attaque de guerriers pathans qui laisse quatre survivants.

D'autre part, le groupe du chirurgien Brydon atteint Futtebad, à 20 kilomètres du but. Les cavaliers sont assaillis sans relâche et seul Brydon survit par miracIe et parvient à pied sous les remparts de Jalalabad où il trouve enfin du secours. Malgré les feux de ralliements entretenus six jours durant sur les remparts, aucun autre fuyard ne réussit à atteindre la ville.

À part quelques dizaines d'otages ou de détenus aux mains des montagnards, les 17.000 hommes et femmes de ce qui avait été l'armée de l'Indus avaient péri.

Au printemps suivant, Lord Ellingburgh remplace Lord Auckland - promu comte et Lord Eden of Norwood - à Calcutta. Robert Peel, Premier ministre de Sa Majesté la reine Victoria souhaiterait une politique moins aventureuse mais il ne peut envisager de laisser Mohammed Aqbar impuni.

Une armée de secours commandée par le général Pollock va relever les garnisons de Kandahar et Jalalabad, découvrant des milliers de squelettes le long de la piste. Elle reprend Kaboul où la citadelle de Bala Hissar est restée aux mains des forces du chah Soudjah, lui-même ayant été attiré dans un piège par ses ennemis et exécuté.

L'armée de secours permet à Pottinger et une cinquantaine de compagnons d'échapper à l'esclavage. Elphinstone, lui, est mort en captivité... ce qui lui a épargné la cour martiale. Le général Pollock décide de raser en représailles le grand bazar de Kaboul (une magnifique construction, célèbre dans toute l'Asie) avant que ses troupes ne se retirent.

Quelques mois plus tard, en 1843, Dost Mohammed se rétablit à Kaboul. Londres se résigne à reconnaître son autorité sur le pays par le traité du 30 mars 1855.


Guerres sans fin

Après deux guerres contre les Sikhs du Pendjab, les Britanniques portent les frontières de leur empire des Indes sur la ligne de crête et la passe de Khyber. Ils vont alors engager deux nouvelles guerres contre les Afghans en 1878-1879 et en 1919 avant de convenir avec eux d'une frontière de convenance.

Après quelques décennies de paix fragile, le pays basculera à nouveau en 1978 dans des guerres sans fin.


2 novembre 1917 
La Déclaration Balfour

Le 2 novembre 1917, en pleine guerre mondiale, le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Balfour, publie une lettre où il indique que son gouvernement est disposé à créer en Palestine un «foyer national juif».

Cette lettre ouverte n'a pour les Anglais d'autre intérêt que de rassurer les juifs américains, plus portés à soutenir les Puissances centrales qu'une alliance où figure la Russie au passé lourdement antisémite. Mais elle va légitimer trente ans plus tard la création de l'État d'Israël.

Adressée au baron de Rothschild, la lettre a été en fait rédigée en étroite concertation avec ce dernier qui préside l'antenne anglaise du mouvement sioniste.

Les juifs dans la Grande Guerre

Au début de la Grande Guerre, les juifs combattent loyalement dans les armées de leur pays respectif. Toutefois, ceux qui vivent aux États-Unis, pays neutre, ne cachent pas leur sympathie pour les puissances centrales, l'Allemagne et l'Autriche, plus tolérantes que la Russie et même la France à l'égard du judaïsme !

À mesure que l'Europe s'enfonce dans la guerre, chaque camp tente de rallier un maximum de soutiens, au prix parfois de tractations secrètes que la morale réprouve. Il en va ainsi du traité secret de Londres avec l'Italie.

En 1916, les Français et les Anglais concluent les accords secrets Sykes-Picot, du nom de leurs signataires, en vue de se partager les futures dépouilles de l'empire turc, allié des puissances centrales, notamment la Syrie, la Palestine et l'Irak. Dans le même temps, les Britanniques n'ont pas de scrupule à promettre au chérif Hussein qui gouverne La Mecque tous les territoires arabes sous occupation turque... y compris Palestine et Syrie. Le colonel T.E. Lawrence, animé par son amour de l'Orient arabe, fait son possible pour mettre en oeuvre cette promesse. Il y gagne le surnom de «Lawrence d'Arabie».

Le summum de l'hypocrisie est atteint avec la déclaration Balfour destinée à rallier les communautés juives en leur promettant de façon vague, non pas un État mais un «foyer national juif» en Palestine.

Six semaines plus tard, le 9 décembre 1917, le général britannique Robert Allenby entre à Jérusalem sans coup férir. Son armée, venue d'Égypte, compte trois bataillons juifs. C'en est donc fini d'onze siècles de domination musulmane sur la Ville sainte, arabe puis turque (mis à part l'intermède croisé).


Les malentendus de la paix

Avec la fin de la Grande Guerre, les Alliés ont, comme prévu, le plus grand mal à concilier leurs promesses aux uns et aux autres. La Société des Nations (SDN), à peine née, reconnaît la déclaration Balfour. Elle fait de la création d'un «foyer national juif» en Palestine l'un des principaux objectifs du mandat confié aux Britanniques. Voici la mission fixée à ceux-ci : «L'établissement du foyer national juif pour le peuple juif, le développement d'institutions de libre gouvernement, ainsi que la sauvegarde des droits civils et religieux de tous les habitants de la Palestine, à quelque race ou religion qu'ils appartiennent».

Fayçal, fils du défunt chérif de La Mecque et compagnon d'armes de T.E. Lawrence, ne voit pas d'inconvénient à une cohabitation des Palestiniens avec les colons juifs. Il signe dans ce sens un accord avec le représentant des sionistes, Chaïm Weizmann, le 3 janvier 1919 à Akaba. Mais il exige en parallèle que soit reconnue sa souveraineté sur le monde arabe. Comme tous les nationalistes arabes, il rêve de reconstituer un empire arabe dont la capitale serait Damas, ou à tout le moins d'une «Grande Syrie», qui réunirait le Proche-Orient, de la Méditerranée à l'Euphrate.

Ce rêve se volatilise lorsque la France chasse Fayçal de Damas et met la main sur la Syrie et le Mont Liban, conformément aux accords Sykes-Picot. Fayçal doit se contenter du trône d'Irak, sous la tutelle britannique. Dans l'ancienne province ottomane de Palestine germe alors l'idée d'une nation palestinienne.

Tandis que les juifs de Palestine organisent un embryon d'État autour de l'Agence juive et de son bras armé, la Haganah, les Arabes commencent à s'en prendre aux implantations juives. Mais ils ne pourront empêcher la fondation de l'État d'Israël le 14 mai 1948. Le conflit entre l'état hébreu et ses voisins arabes ne semble pas près de cesser 80 ans après. -


Le
texte de la déclaration Balfour

La déclaration BalfourVoici la déclaration d'intentions adressée par Arthur de Balfour, ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Lloyd George, à lord Rothschild, vice-président du Board of Jewish Deputies :

«Cher Lord Rothschild,

«J'ai le grand plaisir de vous adresser, de la part du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration suivante, en sympathie avec les aspirations juives sionistes ; cette déclaration a été soumise au Cabinet et approuvée par lui.

«Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif, et il emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui porte atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives de Palestine ainsi qu'aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans les autres pays.»


Bibliographie

Pour une initiation à l'Histoire du judaïsme, je recommande l'ouvrage de Josy Eisenberg :Une histoire des Juifs (Le Livre de poche, 1970, page 473), d'où est tiré le texte ci-dessus en encadré.

 

C'est leur fête 
Commémoration de tous les fidèles défunts

L'Église catholique commémore tous les fidèles défunts (la«Fête des morts») le lendemain de la Toussaint ou fête de tous les saints, soit le 2 novembre.

C'est une façon de placer symboliquement l'ensemble des défunts sous la protection des saints.

La place des défunts et la vision de la mort ont beaucoup évolué depuis l'Antiquité comme nous le rappelle avec brio l'historien Michel Rouche dans le texte suivant, d'inspiration chrétienne :

Sur quels modes a-t-on perçu la mort au cours de l'Histoire ?

Nos ancêtres de l'Antiquité avaient une vision de la mort profondément marquée par la peur. Les cimetières étaient hors des villes, les morts expulsés de la cité. En faisant vénérer les reliques des saints dans les basiliques, le christianisme inaugure une vision radicalement différente. On se fait enterrer autour de ces sanctuaires, afin de participer à la vertu et à la force des saints. On édifie les cimetières à l'intérieur des villes. Vers 800, la peur de la mort est exorcisée. En priant au-dessus des tombes, on a conscience de faire partie d'une même communauté des vivants et des morts.

Ce n'est qu'au 18e siècle, sous l'influence de médecins hygiénistes et sous prétexte des mauvaises odeurs que dégagent les corps, que les cimetières sont réédifiés hors des villes. C'est un retour à la Rome antique.

Aujourd'hui, où en est-on de ces deux perceptions ? Cette tentative d'éloignement des morts est tellement poussée qu'on en arrive à les faire oublier. Les gens meurent à l'hôpital. On ne les voit bien souvent que dans leur cercueil et présentés d'une façon qui nie la réalité de la mort. Tout se passe trop vite : «deuil en 24h» lit-on sur certaines vitrines de pompes funèbres ! On ne s'habille plus en noir. Le culte des morts ayant disparu, il devient impossible de faire son deuil.

Quelles conséquences ce déni de la mort peut-il avoir dans nos sociétés ? Les conséquences psychologiques sont très importantes. En oubliant le passé et les générations précédentes, on refuse aussi de penser à l'avenir. Nos sociétés hypertrophient le présent. La personne humaine n'est plus respectée jusque dans sa maladie et sa mort car on veut rester éternellement jeune et en bonne santé. Et quand il faut mourir, on pense à l'euthanasie. C'est une attitude paradoxale. Halloween avec ces morts qui viennent tirer les vivants par les pieds signe un retour en force des mythes païens. Et réintroduit chez nous la peur dont le christianisme nous avait délivrés. Je suis convaincu, en tant qu'historien, que la christianisation commence par une vision chrétienne de la mort.

Michel Rouche, «Et si on regardait la mort en face ?», bulletin Holywins IV, association Journal Paris-Notre-Dame (31/10/2005.
 

Naissances
Aurengzeb
2 novembre 1618 à Dohad (Goudjerat, Inde) - 3 mars 1707 à Ahmednagar (Inde)

 

Aurengzeb Alamgir est le troisième fils de l'empereur Chah Jahan, resté dans la postérité pour avoir fait construire le Taj Mahal en vue d'abriter la dépouille de sa chère épouse. Le 31 juillet 1658, Aurengzeb (on écrit aussi Aurangzeb) monte sur le trône de l'empire moghol des Indes, fondé par le musulman Babur.

Musulman rigoureux, il veut convertir de force les Hindous, très largement majoritaires. Son intolérance lui vaut l'hostilité des masses ainsi que de ses vassaux hindous. Il doit combattre les Marathes, un peuple hindou conduit par un énergique souverain, Shivaji. À sa mort, il laisse un empire très affaibli. C'est le dernier des «Grands Moghols».

 


Jean Baptiste Chardin
2 novembre 1699 à Paris - 6 décembre 1779 à Paris

 

Le peintre Jean Baptiste Siméon Chardin se rendit célèbre par ses natures mortes et ses pastels.

Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE - Publié dans : Histoire
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