Le 20 novembre 284, Dioclétien accède à la dignité impériale. Cet empereur est
originaire d'Illyrie (les rives de l'Adriatique) comme ses prédécesseurs immédiats. Il va restaurer pour un temps la puissance romaine et instaurer un gouvernement original à quatre, la
tétrarchie.
Le traité de Paris du 20 novembre 1815 sanctionne le retour de Napoléon de l'île d'Elbe et sa défaite à Waterloo.
L'année précédente, après l'abdication de Napoléon 1er, les vainqueurs avaient permis à la France de conserver ses frontières de 1792 par le premier traité de Paris (30 mai 1814). Ils s'étaient contentés de lui enlever les conquêtes de la Révolution tout en lui laissant Mulhouse, Montbéliard, le comtat Venaissin, la Savoie, les forteresses de Marienbourg, Philippeville, Sarrelouis et Landau, ainsi que la plupart de ses colonies à l'exception de l'île de France (qui deviendra l'île Maurice), Sainte-Lucie et Tobago, dans les Antilles.
Les Français ayant restauré la monarchie, le roi Louis XVIII se montre prêt à tous les arrangements et «octroie» une charte constitutionnelle...
Malgré un revenu de 2 millions de francs octroyé par les vainqueurs, l'empereur appréhende l'avenir et se laisse convaincre que les Français n'attendent que son retour. C'est ainsi que le 1er mars 1815, il débarque par surprise à Golfe-Juan avec 900 grenadiers et profite du mécontentement latent chez les paysans pour s'emparer du pouvoir et chasser les Bourbons.
Malgré l'invocation de la Liberté et de la Révolution par l'ancien autocrate, cette escapade dure à peine cent jours avant de s'achever à Waterloo par la défaite militaire (18 juin 1815). Les conséquence des Cent-Jours vont s'avérer désastreuses pour la France.
Les diplomates européens réunis à Vienne pour refaire le monde n'ont même pas à interrompre leur congrès. Ils laissent l'affaire aux militaires et signent l'Acte final du Congrès le 9 juin 1815 avant même que Napoléon n'ait été battu. Les délégués des grandes puissances se retrouvent à Paris cinq mois plus tard pour signer un second traité en vue de liquider les séquelles de la Révolution et de l'Empire.
Tremblants de frayeur rétrospective, les Alliés se montrent beaucoup plus durs que l'année précédente lorsqu'il s'agit de négocier un nouveau traité avec la France. Celle-ci perd des terres qui étaient siennes depuis longtemps. Le duché de Bouillon et les forteresses allemandes de Philippeville et Marienbourg sont cédées aux Pays-Bas. Sarrelouis et Sarrebrück sont cédées à la Prusse. Landau est remise à la Bavière, le pays de Gex à la Suisse, la Savoie au roi de Piémont-Sardaigne.
La France doit aussi payer une indemnité de 700 millions de francs et subir l'occupation étrangère pendant trois ans.
L'historien Jean Tulard conclut : «Le retour de l'île d'Elbe a en effet été malheureux, à plusieurs titres. Premièrement, parce qu'il s'est mal terminé. Deuxièmement, parce qu'il a fallu restituer les oeuvres d'art prises à l'étranger. Troisièmement, parce que nos frontières ont dû être à nouveau rectifiées. Quatrièmement, parce qu'il a jeté le trouble dans l'esprit des fonctionnaires qui ne savaient s'ils devaient rester fidèles à Louis XVIII ou se rallier à Napoléon».
On pourrait ajouter que l'ex-empereur y a gagné la palme du martyre en échangeant la principauté tranquille de l'île d'Elbe contre un exil dans la lointaine Sainte-Hélène.
Le gouvernement du roi Louis XVIII va appliquer à la lettre les termes du traité, ce qui lui vaudra de réintégrer le concert des nations européennes trois ans plus tard.
Guidés par l'école romantique, les Français se consoleront en exaltant le souvenir de la Révolution et de l'Empire.
Le 20 novembre 1873, une loi de l'Assemblée nationale décide de proroger pour sept ans le mandat présidentiel du maréchal de Mac-Mahon.
Après la chute de l'empereur Napoléon III, la France doit supporter l'occupation allemande. Des élections générales sont organisées dans la précipitation en février 1871. Elles entraînent la formation d'une Assemblée nationale conservatrice, avec une majorité de députés favorables à une restauration de la monarchie.
La plus grande partie des monarchistes se tournent vers le prétendant légitime au trône, le comte de Chambord.
Ce quinquagénaire, petit-fils de Charles X et
fils du duc de Berry, a été éduqué dans la haine de la Révolution par Madame Royale, fille de Louis XVI et ancienne prisonnière du Temple.
Dès l'âge de dix ans, il a vécu en exil en Autriche. Il a épousé une princesse étrangère dépourvue de sympathie pour la France. Le couple n'a pas eu d'enfant.
Le comte de Chambord méconnaît la réalité française, garde la nostalgie du passé et se berce de l'illusion de restaurer une monarchie de droit divin. Il déçoit ses partisans en exigeant dans un manifeste en date du 6 juillet 1871 que la France renonce au drapeau tricolore bleu-blanc-rouge en préalable à sa restauration sur le trône.
Il écrit notamment : «Je ne laisserai pas arracher de mes mains l'étendard d'Henri IV, de François 1er et de Jeanne d'Arc. C'est avec lui que s'est faite l'unité nationale... Il a flotté sur mon berceau, je veux qu'il ombrage ma tombe... Français ! Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc d'Henri IV».
Même les plus farouches monarchistes ne peuvent le suivre dans cette voie, considérant que le drapeau tricolore de la Révolution a acquis sa légitimité du sang de tous les Français qui sont morts pour lui jusqu'aux extrémités de l'Europe.
L'affaire est d'autant plus consternante pour les royalistes que le drapeau blanc auquel se réfère le prétendant au trône ne fut le drapeau officiel de la France que pendant les quinze années de la Restauration (1815-1830). Sous l'Ancien Régime, avant 1789, il n'existait pas, en effet, de drapeau officiel de la Nation !
Sous l'effet de leur déception, les députés décident le 31 août 1871 de se constituer en Assemblée constituante et, dans la foulée, ils votent la première loi constitutionnelle. Celle-ci confère au chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers, le titre de président de la République.
Adolphe Thiers, vieux chef conservateur et serviteur du roi Louis-Philippe 1er, commence dès lors à se dire qu'il vaut mieux être président de la République que Premier ministre d'un roi, fût-il constitutionnel. Il se détache de ses amis royalistes et se rallie prudemment à l'idée d'une république conservatrice, à même d'éviter aux Français de renouer avec les déchirements du passé.
Deux ans plus tard, le 24 mai 1873, les députés retirent leur confiance à Adolphe Thiers, qui doit démissionner. Il est aussitôt remplacé par le maréchal de Mac-Mahon à la présidence de la république. Le vaincu de Sedan passe pour un monarchiste légitimiste, susceptible d'ouvrir la voie à une restauration monarchique.
Comme l'ex-empereur Napoléon III vient de mourir des suites d'une opération à Londres, le 6 janvier 1873, le petit clan des bonapartistes se rallie de mauvais gré aux monarchistes. Ceux-ci sont divisés entre les partisans du comte de Chambord, ou légitimistes, et les partisans du comte de Paris, ou orléanistes.
Les premiers soutiennent la branche capétienne des Bourbons, qui descendent d'Henri IV et dont le comte de Chambord est l'ultime héritier. Les seconds soutiennent la branche cadette d'Orléans dont le comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe 1er, est le représentant. Son aïeul, Philippe-Egalité, vota sous la Révolution la mort de son cousin Louis XVI.
Après beaucoup d'hésitations, les monarchistes des deux camps s'accordent sur un plan simple : le comte de Chambord, sans enfant, monte sur le trône, et à sa mort, que chacun espère prochaine, cède le trône au comte de Paris, lequel est jeune et chargé de famille. Avec lui, l'avenir de la monarchie paraît assuré.
Une commission de neuf députés conduite par Charles Chesnelong se rend à Salzbourg, en Autriche, auprès du comte de Chambord. Elle croit comprendre que le prétendant est prêt à un arrangement concernant la couleur du drapeau. A Versailles, l'assemblée approuve sans s'étonner le rapport de Chesnelong et se prépare à une restauration de la monarchie.
Carrosses, costumes,... tout se met en place pour le retour du futur roi, le défilé d'intronisation et la cérémonie. Il ne manque plus qu'un vote de pure forme de l'assemblée. C'est une question d'heures.
C'est alors que, le 23 octobre 1873, le prétendant, resté jusque-là silencieux, adresse de sa retraite autrichienne une lettre ouverte à Chesnelong où il se rebiffe et réitère son refus de tout compromis sur le drapeau.
Par son dogmatisme, il prend le contrepied de son glorieux ancêtre, Henri IV, qui considérait que Paris valait bien une messe et ne rechigna pas à abjurer le calvinisme pour accéder au trône.
Dans la consternation, à l'initiative du comte de Broglie, chef des monarchistes, les députés se résignent à proroger le mandat du maréchal de Mac-Mahon.
Ils espèrent qu'entre-temps, le comte de Chambord aura cessé de faire obstacle à leur souhait, d'une façon ou d'une autre...
C'est ainsi que le septennat entre dans les moeurs politiques de la France. Il tiendra bon pendant... 127 ans pour disparaître comme il est venu, en catimini, pour des raisons de convenance partisane, par le référendum du 24 septembre 2000.
La France entre à petits pas dans un régime républicain aussi conservateur que pouvait le souhaiter Adolphe Thiers. Elle n'aura jamais d'Henri V... mais ne se décide pas à officialiser la République. Ses institutions gardent un air de provisoire.
Le 20 novembre 1947, la future reine Élizabeth II épouse à Westminster son cousin, le prince Philip Mountbatten, duc d'Édimbourg.
Le 20 novembre 1975, à 83 ans, Francisco Franco y Bahamonde meurt après un mois d'une interminable agonie et quarante ans de pouvoir sans partage en Espagne.
Religieux
dominicain, avocat de formation puis prêtre, Henri Lacordaire tente de concilier le christianisme et le libéralisme politique. Avec le prêtre breton Félicité de Lamennais, il fonde en 1830 le journal L'Avenir mais celui-ci est condamné par le pape deux ans plus tard et Lacordaire fait amende honorable. Il inaugure en 1835 des
Conférences à Notre-Dame de Paris, qui ont un vif retentissement chez les jeunes gens de l'école romantique.
On lui doit cette forte formule : «Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit» (45e conférence de Notre-Dame).
Élu député de gauche à l'Assemblée constituante en 1848 comme son ancien ami Lamennais, il démissionne après la brutale répression des émeutes ouvrières de mai et juin 1848.
Né dans une famille de marins, Francisco Franco Bahamonde entre dans l'armée et organise au Maroc la Légion étrangère espagnole. Il s'illustre en 1925 dans la guerre du Rif, ce qui lui vaut de devenir général à 33 ans. En juillet 1936, il participe avec ses troupes marocaines à l'insurrection militaire contre le gouvernement républicain et ne tarde pas à en prendre la tête. Il devient en 1939 le dictateur tout-puissant de l'Espagne (le caudillo) au terme d'une cruelle guerre civile et déclenche alors une féroce répression contre les vaincus républicains.