Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 05:38
Événements

24 novembre 1642 
Découverte de la Tasmanie

Le 24 novembre 1642, le navigateur hollandais Abal Tasman découvre une île qui portera son nom, la Tasmanie. Cette île des mers australes, à la faune et à la flore originales, fait aujourd'hui partie de la fédération australienne.

24 novembre 1793 
Naissance du calendrier révolutionnaire

Le 24 novembre 1793, la Convention publie le calendrier républicain, aussi appelé «calendrier des Français».

Un an plus tôt, le 22 septembre 1792, au lendemain de l'abolition de la royauté, les députés ont décidé que les actes du gouvernement seraient désormais datés de «l'An 1 de la République». Mais cette déclaration «furtive»de la République, selon le mot de Robespierre, n'a pas remis en cause le calendrier grégorien hérité de Jules César et modifié par le pape Grégoire XIII le 24 février 1582.

Déchristianisation à marche forcée

C'est seulement le 5 octobre 1793 que les députés votent le principe de l'abolition de ce calendrier.

L'assemblée de la Convention, dominée par les députés de la Montagne et soumise aux sans-culotte parisiens, prétend ainsi déraciner à jamais les rites chrétiens, en particulier le repos dominical et les fêtes religieuses. Elle prescrit que quiconque s'exprimerait selon l'ancien calendrier grégorien serait passible de la peine de mort. Cette mesure inaugure une entreprise de déchristianisation à marche forcée, consécutive à l'échec de la Constitution civile du clergé.

Le 7 octobre 1793, sur les marches de la cathédrale de Reims, le conventionnel Ruhl brise de son talon la Sainte Ampoule utilisée sous la monarchie pour le sacre des nouveaux souverains. Dans l'Allier et la Nièvre, le 9 octobre 1793, Joseph Fouché, un autre conventionnel en mission, par ailleurs ancien prêtre oratorien, signe un arrêté sans équivoque : «La mort est un repos éternel» ! Il ordonne de placer cette inscription à l'entrée des cimetières. Le 21 novembre 1793 (1er frimaire An II), le Conseil général de la Commune de Paris impose en tête des convois funéraires l'inscription : «L'homme juste ne meurt jamais, il vit dans la mémoire de ses concitoyens».

Trois jours plus tard, enfin, la Convention adopte le «calendrier des Français».

Le calendrier révolutionnaire

François Fabre, dit Fabre d'Eglantine, 1755-1794 (musée du Louvre, Paris)Le nouveau calendrier est l'oeuvre du poète François Fabre d'Églantine, député à la Convention et secrétaire de Danton. Avant la Révolution, il s'est fait connaître en composant l'immortel «tube» : «Il pleut, il pleut, bergère...».

Les jours du nouveau «calendrier des Français» ne sont plus consacrés à des saints mais à des produits du terroir : «châtaigne, tourbe, chien, radis, chèvre, abeille, sarcloir,...».

Les semaines sont portées à dix jours (primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi) et prennent le nom de décades.

Quant aux mois, ils ont chacun 30 jours. Dotés de belles sonorités, leurs noms évoquent les quatre saisons :
- vendémiaire (22 septembre-21 octobre),
- brumaire (22 octobre-20 novembre),
- frimaire (21 novembre-20 décembre),
- nivôse (21 décembre-19 janvier),
- pluviôse (20 janvier-18 février),
- ventôse (19 février-20 mars),
- germinal (21 mars-19 avril),
- floréal (20 avril-19 mai),
- prairial (20 mai-18 juin),
- messidor (19 juin-18 juillet),
- thermidor (19 juillet-17 août),
- fructidor (18 août-17 septembre).

Pour s'aligner sur un cycle solaire, ces douze mois sont complétés par cinq ou six jours consacrés à des fêtes patriotiques, les «sanculottides». Le principe n'est pas à proprement parler nouveau. Il était déjà employé par les pharaons (*) !

Un exemple de datation révolutionnaire

Le 22 septembre 2004 correspond au premier jour de l'An 213. Son intitulé complet selon le calendrier révolutionnaire s'écrit :
Ravin, primidi, 1er Vendémiaire An CCXIII.

Un calendrier cocardier

La nouvelle ère débute le 22 septembre 1792, avec la naissance de la République (et l'équinoxe d'automne). Ce jour-là correspond donc au «primidi vendémiaire de l'An I de la République».

Le calendrier révolutionnaire va survivre à la Terreur et à la chute de Robespierre, le 27 juillet 1794, pardon, le 9 thermidor de l'An II. Mais en dépit de la bienveillance des autorités, il n'acquerra guère d'emprise sur les esprits. Il faut dire que le peuple n'apprécie pas de troquer le jour de congé hebdomadaire (un dimanche tous les sept jours) contre un jour de congé décadaire !

Trop peu pratique et à connotation nationaliste et cocardière, étriqué avec ses noms de jours à caractère hexagonal, le «calendrier des Français» est abrogé le 1er janvier 1806 sous le Premier Empire.


24 novembre 1832 
La Caroline du Sud se soumet

Le 24 novembre 1832, la Caroline du Sud rejette le tarif douanier défini par le gouvernement fédéral des États-Unis. Pour la première fois, un État américain met en pratique le droit de «nullifier» une loi fédérale qu'il juge contraire à ses intérêts, au risque de désintégrer l'Union.

Origines de la rivalité entre Nord et Sud

Ce premier conflit entre le Nord et le Sud des États-Unis puise ses origines dans... les guerres napoléoniennes. Celles-ci, du fait du blocus anglais, empêchent les importations de biens manufacturés en provenance d'Europe. De hardis entrepreneurs en profitent, au nord de la fédération, pour créer des manufactures. Les États du sud restent quant à eux fidèles à l'économie de plantation qui leur assure une incomparable prospérité.

La paix revenue, le gouvernement fédéral établit des droits douaniers sévères pour protéger ses jeunes manufactures contre la concurrence du Vieux Continent. Cela ne fait pas l'affaire des planteurs du Sud, obligés de payer plus cher leurs biens de consommation. Dès 1820, la Caroline du Sud adresse une réclamation au Congrès fédéral, déclarant la loi du tarif douanier inconstitutionnelle, opressive et injuste! Elle est suivie par les autres États du Sud: la Géorgie, la Virginie, la Caroline du Nord, l'Alabama et le Mississipi.

Ignorant ces réclamations, le Congrès alourdit les droits de douane sur les importations de produits industriels et de biens de consommation en 1824 et 1828. C'est alors que des juristes sudistes sortent de l'oubli un principe confédéral encore jamais utilisé, le droit de «nullification».

Ceux-là considèrent que chaque état de l'Union conserve le droit d'interpréter les lois votées par le Congrès fédéral, voire de les suspendre si elles lui paraissent contraires à la Constitution ou à la justice. Alexis de Tocqueville cite l'un d'eux, le démocrate John C. Calhoun: «La Constitution, dit-il, est un contrat dans lequel les États ont paru comme souverains. Or, toutes les fois qu'il intervient un contrat entre des parties qui ne connaissent point de commun arbitre, chacune d'elles retient le droit de juger par elle-même l'étendue de son obligation» ( *). Pour les Américains du Sud comme du Nord, il ne fait pas de doute que la mise en application de ce principe signifie à terme la dissolution du lien fédéral.

L'orage éclate

Le Congrès ne revenant pas sur les droits de douane, l'orage éclate en 1832 avec la convocation d'une convention par la Caroline du Sud. Le 24 novembre, l'assemblée publie sous le nom d'ordonnance une loi qui frappe de nullité la loi fédérale du tarif et défend de prélever les droits qui y figurent. Elle ne prévoit sa mise en application qu'en février de l'année suivante, ce qui laisse un répit au Congrès fédéral pour se raviser... En attendant, la Caroline du Sud se prépare au pire et arme ses milices.

Andrew Jackson, président des Etats-Unis (1767-1845) Le Congrès, qui s'était jusque-là montré inflexible, s'incline ! Il vote une nouvelle loi qui prévoit de réduire progressivement jusqu'au strict nécessaire les droits de douane. Et pour cacher sa reculade, il vote dans le même temps une loi qui investit le président des États-Unis de pouvoirs extraordinaires pour surmonter par la force des menaces intérieures.

L'unité de la jeune fédération étant menacée, le président Andrew Jackson, à peine réélu, met l'armée en état d'alerte. Bien que favorable à l'autonomie des États, il ne craint pas d'envisager une guerre et envoie deux navires de guerre vers Charleston, la capitale de l'état séditieux.

De son côté, la convention de Caroline du Sud, au lieu de se satisfaire de la baisse des droits de douane, s'offre le luxe de«nullifier» aussi la nouvelle loi sur les pouvoirs du président.

Finalement, les deux parties arrivent à un compromis proposé par Henry Clay (55 ans), rival malheureux d'Andrew Jackson à la présidence. Ce sénateur du Kentucky surnommé le «Grand pacificateur» («the Great compromiser») a déjà conclu douze ans plus tôt le compromis du Missouri entre États esclavagistes et États abolitionnistes. Par son entremise, la Caroline du Sud renonce à faire usage du droit de nullification et le Congrès s'en tient à l'abaissement des droits de douane jusqu'à un taux moyen de 20% du prix d'entrée des marchandises.

L'épreuve consolide le pouvoir central des États-Unis au détriment des États. Mais elle suscite aussi chez certains Sudistes l'idée d'une sécession. Celle-ci sera initiée 28 ans plus tard par... la Caroline du Sud. -

24 novembre 1848 : Le pape chassé de Rome

Le 24 novembre 1848, à l'imitation des révolutionnaires français, le peuple de Rome fomente une émeute. Le pape s'enfuit à Gaëte.

24 novembre 1859 
Darwin publie L'Origine des espèces

Le 24 novembre 1859 sort en librairie, à Londres, un ouvrage au titre ambitieux qui résume à lui seul le contenu : De l'Origine des espèces par la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie.

Son auteur est un quinquagénaire seulement connu des spécialistes, Charles Darwin. Pourtant, son ouvrage bénéficie d'un succès immédiat et le premier tirage (1250 exemplaires) est épuisé dans la journée. Les théories développées par Charles Darwin allaient bouleverser le dogme d'une nature immuable depuis la création du monde.

Richard Fremder nous raconte Charles Darwin.

 

24 novembre 1860 
Libéralisation du Second Empire

Le 24 novembre 1860, le Corps législatif acquiert le droit d'adresse. C'est une première atteinte au pouvoir absolu de Napoléon III. Sous la pression de l'opinion et aussi sous l'effet de ses propres penchants politiques, l'empereur entreprend de démocratiser le régime.

24 novembre 1890 
Branly expose le principe de la radio

Le 24 novembre 1890, Édouard Branly présente à l'Académie des Sciences, à Paris, les principes de la radioconduction à l'origine de la TSF (la télégraphie sans fil), ancêtre de la radio.

C'est sa fête :
Flora
Flora naît à Cordoue, sous l'occupation arabe, d'un père musulman et d'une mère chrétienne. Elle est emprisonnée et décapitée pour avoir voulu se rallier à la foi chrétienne.

Décès
Jean Dunois
1403 à Paris - 24 novembre 1468 à château de l'Hay

Jean Dunois, l'un des plus grands hommes de guerre du XVe siècle, est le fils illégitime du duc Louis d'Orléans, assassiné en 1407 par le duc de Bourgogne, et de la dame Mariette d'Enghien. Surnommé le Bâtard d'Orléans, il a servi le roi Charles VII, combattu aux côtés de Jeanne d'Arc et conclu la guerre de Cent Ans par sa victoire de Castillon sur les Anglais, après une brève discorde avec le roi (la Praguerie). Il en est récompensé par le titre de grand chambellan et la qualité de prince légitime. Il est à l'origine de la lignée des Longueville.

Georges Clemenceau
28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée, France) - 24 novembre 1929 à Paris

 

Georges Clemenceau, médecin vendéen, entre en politique au début de la IIIe République. Orateur de talent, il prend la tête de la gauche que l'on dit «intransigeante» ou «radicale» mais s’en tient longtemps à un rôle d'opposant qui lui vaut le surnom de «tombeur de ministères».

Il fonde en 1901 le premier parti politique français, le «parti républicain radical» et entre pour la première fois au gouvernement en 1906 (à 65 ans !). Il mène à son terme la séparation des Églises et de l'État avant de revenir dans l’opposition où il s'affirme comme un partisan déterminé de la revanche sur l’Allemagne, vainqueur de la France en 1870-1871.

Quand éclate la Grande Guerre, en 1914, Clemenceau multiplie les attaques verbales contre le gouvernement et l'état-major. Du fait de sa détermination à poursuivre la guerre jusqu'à la victoire totale, il est appelé à la tête du gouvernement en 1917. Il y gagne les surnoms de «Tigre» et «Père de la Victoire». Avec affection, les poilus des tranchées l'appellent plus simplement «Le Vieux».

Par haine de l'Allemagne, Clemenceau introduit dans le traité de paix de Versailles des termes humiliants qui serviront plus tard les desseins d'Adolf Hitler. Pas plus que les autres chefs alliés, il ne peut empêcher l'éclatement de l'Autriche-Hongrie en une myriade de petits États vindicatifs et indéfendables qui se révéleront des proies idéales pour le IIIe Reich hitlérien.

 

Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE - Publié dans : Histoire
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