Deux ans et demi après leur entrée en guerre aux côtés des Alliés, les Italiens subissent le 24 octobre 1917 une défaite cinglante à Caporetto, sur
l'Isonzo, un cours d'eau alpin, face aux Austro-Hongrois qui bénéficient de l'appui bienvenu des Allemands. Les troupes reculent en désordre jusque sur la Piave, à 140 km au sud-ouest,
abandonnant à l'ennemi la plus grande partie de la Vénétie.
Le chef d'état-major Luigi Cadorna, qui était allé de revers en revers depuis la déclaration de guerre, tente de reporter la responsabilité de la défaite sur le manque de combativité de la
troupe, il est vrai bien réel. Il multiplie les«décimations» pour l'exemple. Cela ne l'empêche pas d'être limogé et remplacé par Armando Diaz, lequel rétablira la situation à la fin de
la guerre seulement, à Vittorio-Veneto, les 24-28 octobre 1918 (Cadorna sera plus tard réhabilité par Mussolini et le Duce lui confèrera le titre de maréchal).
Le 24 octobre 1929 est un «Jeudi noir» à la bourse de Wall Street, à New York. La crise boursière, due une spéculation sur les titres, débouche sur une
crise du crédit et entraîne le monde entier dans une crise économique sans précédent. On compte treize millions de chômeurs aux États-Unis en 1933...
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Le 24 octobre 1940, Philippe Pétain, chef de l'État français, rencontre Hitler dans la petite gare de
Montoire-sur-le-Loir.
Le vice-président Pierre Laval a eu l'idée de ce rendez-vous en apprenant que Hitler revenait en train de Hendaye où il était allé rencontrer Franco, dictateur en Espagne.
Par une poignée de main très médiatisée, le vieux maréchal célèbre officiellement la «collaboration» entre la France vaincue et l'Allemagne triomphante. Il s'en explique à la radio comme à son habitude, quelques jours plus tard, le 30 octobre 1940 : «C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles, dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen, que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration (...). Cette collaboration doit être sincère...».
Le gouvernement du maréchal Pétain et de Pierre Laval a mis le doigt dans l'engrenage de la collaboration dès la signature de l'armistice, le 22 juin 1940.
Pierre Laval croit, comme beaucoup de ses contemporains, à la victoire définitive de l'Allemagne et il juge bon de s'en accommoder. Le 1er juillet, sur sa proposition, les ministres et les pouvoirs publics s'installent dans la zone dite «libre» (non occupée par les troupes allemandes), à Vichy, cité thermale d'Auvergne, où de nombreux hôtels sont à même de les héberger.
Le 3 juillet, la Royal Navy attaque la flotte stationnée dans la rade de Mers-el-Kébir, en Algérie, et fait 1.300 morts parmi les marins français. L'événement réveille la vieille rivalité franco-anglaise et semble donner raison aux partisans de la paix avec l'Allemagne. Le gouvernement français est à deux doigts de se retourner contre son ancien allié.
Le 10 juillet, dans le casino de la ville d'eau, la Chambre élue en 1936 sous les couleurs du Front Populaire vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. C'est la fin de la IIIe République et le début de ce qu'on appelle le «régime de Vichy».
Le Maréchal fait très vite l'objet d'un véritable culte de la personnalité. Beaucoup de sommités se retrouvent aux côtés du vainqueur de Verdun avec l'espoir de régénérer le pays grâce à une «Révolution nationale».
Parmi eux des représentants de l'ancienne Action française d'extrême-droite comme Joseph Darnand, qui fondera pendant l'Occupation la Milice de sinistre réputation, mais aussi des leaders et des intellectuels qui furent socialistes ou dreyfusards et sont mûs par des idées pacifistes : Pierre Laval, Abel Hermant, l'écrivain Alphonse de Châteaubriant (ne pas confondre avec le vicomte François-René de Chateaubriand), le philosophe Alain ou encore Marcel Déat, agrégé de philosophie et ancien député socialiste, ministre dans le gouvernement radical-socialiste d'Albert Sarrault au printemps 1936.
Pacifiste extrême, Marcel Déat est l'auteur d'un célèbre article paru en août 1939 dans L'Oeuvre sous le titre : Faut-il mourir pour Dantzig ? (en d'autres termes, faut-il déclarer la guerre à Hitler sous prétexte de l'empêcher d'annexer Dantzig ?). Après l'invasion allemande, il prend franchement parti pour la collaboration avec l'occupant.
D'anciens communistes ne sont pas en reste. Ludovic-Oscar Frossard, premier secrétaire général du Parti communiste en 1920, est ministre du premier gouvernement Pétain. Au début de l'Occupation, il tient un journal, Le Mot d'Ordre, à Marseille, avec la bienveillance des Allemands.
Plus grave est le cas de Jacques Doriot. Député communiste de la Seine et maire de Saint-Denis, ce militant ouvrier se sépare en 1936 du parti communiste et fonde son propre parti, le Parti Populaire Français (PPF), d'inspiration fasciste. Pendant l'Occupation, il crée une Légion des Volontaires Français (LVF) en vue de participer au combat contre le bolchevisme ! Il est tué sur une route allemande le 22 février 1945, à 47 ans.
Il n'empêche que des résistants se lèvent dès les premiers jours de l'Occupation. Les plus hardis rejoignent à Londres le général de Gaulle. Mais, ainsi que le rappelle l'historien Marc Ferro, ils se recrutent surtout parmi les officiers chrétiens et d'orientation monarchiste, que n'étouffent pas les illusions pacifistes !
Les Allemands, après l'armistice, n'ont guère à se plaindre de l'attitude du gouvernement français à leur égard.
Ainsi, le 3 octobre 1940, quelques semaines avant l'entrevue de Montoire, le chef de l'État français a signé une loi portant sur le statut des Juifs. C'est une marque de soumission à ce que le régime nazi présente de plus abject.
Mais le Maréchal ne va pas jusqu'au renversement des alliances. À la veille de serrer la main de Philippe Pétain à Montoire, le Führer a rencontré le caudillo Franco à Hendaye mais il n'a pu convaincre le dictateur espagnol de s'allier à lui dans la guerre contre l'Angleterre. Hitler n'a pas plus de succès avec Pétain qui refuse de signer la paix et d'entrer en guerre contre l'Angleterre, à ce moment-là seul pays au monde à combattre les nazis.
Pétain, qui conserve une certaine lucidité malgré son grand âge (84 ans en 1940), tente de jouer un double jeu en s'accommodant des occupants. Ses proches mènent des tractations secrètes avec les Anglo-Saxons, en particulier avec le gouvernement du président américain Franklin Roosevelt, qui le voit d'un assez bon oeil.
Exprimant l'opinon de nombreux concitoyens, un Français de Londres, le colonel Rémy, voit en Pétain un «bouclier» et en de Gaulle une «épée», l'un et l'autre indispensables à la nation.
Le Maréchal repousse les demandes de plus en plus pressantes de Laval en faveur d'une collaboration active avec l'Allemagne. Il finit par le révoquer et le fait arrêter le 13 décembre 1940 à la satisfaction de la très grande majorité des Français.
L'amiral François Darlan devient le successeur de Laval à la vice-présidence du Conseil... et l'héritier présomptif du Maréchal. Sitôt nommé, il présente au chef de l'État un gouvernement essentiellement composé de techniciens apolitiques recrutés dans les milieux bancaires. «Mais c'est toute la banque Worms», lance Pétain, surpris.
À la fin de l'année 1941, les événements s'accélèrent. Hitler attaque son ancienne alliée, l'URSS, tandis que les États-Unis et le Japon entrent à leur tour en guerre. Les Allemands imposent le retour au pouvoir de Pierre Laval le 17 avril 1942 dans le but de mettre l'administration française et le pays au service de l'occupant.
Le maréchal Pétain est désormais réduit à l'état de potiche. La collaboration entre dans sa phase la plus active avec des chefs brutaux comme Jacques Doriot, ancien leader communiste et maire de Saint-Denis.
La Résistance intérieure prend quant à elle de la consistance. Par ses sabotages et son travail de renseignement, elle va se révéler d'une très grande utilité aux Alliés, lors des débarquements de 1944 en Normandie et en Provence.
Le parti communiste avait été interdit dès avant la guerre en raison du pacte de non-agression entre Staline et Hitler. Son quotidien L'Humanité avait dû, dans la foulée, suspendre sa parution. Dans la clandestinité, le parti, invoquant un pacifisme nauséeux, avait donné des consignes de sabotage à ses militants travaillant dans les usines d'armement, ce qui avait valu à certains d'entre eux d'être fusillés sur ordre du ministre de l'Intérieur Georges Mandel.
Après la défaite, tout en se tenant à l'écart du gouvernement de Pétain, les communistes s'accommodent du nouveau régime. Jacques Duclos dirige le Parti en l'absence de son chef Maurice Thorez, déserteur, réfugié à Moscou.
Dès le 17 juin, au nom de la direction, Maurice Tréand, responsable des cadres au sein du Parti, approche Otto Abetz, qui représente le gouvernement nazi à Paris. Faisant valoir leur combat commun contre le «juif Mandel» (*), il sollicite des nazis le droit de publier à nouveau le quotidien L'Humanité. Les négociations vont finalement être suspendues à la fin août sur un ordre de Moscou.
Domitien, fils de Vespasien, succéda à son frère Titus à la tête de l'empire romain. Il gouverna de façon autoritaire. Il accéléra la romanisation des provinces et fit entrer des provinciaux au Sénat. Mais il organisa aussi une deuxième vague de répression contre les chrétiens (après celle de Néron en 64). Il dut également faire face à des soulèvements de l'aristocratie sénatoriale. Un affranchi l'assassina dans son palais.