Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 05:45

Evénements

25 novembre 1174 
Saladin unifie les pays arabes

Le 25 novembre 1174, Saladin entre à Damas, capitale de la Syrie. Déjà maître de l'Égypte, le guerrier kurde réunit ainsi sous son autorité les deux principales régions de l'ancien empire arabe.

Le triomphe de Saladin

Saladin, sultan d'Égypte et de Syrie (1137-1193),d'après une miniature arabeSaladin a succédé cinq ans plus tôt à son oncle comme vizir de l'Égypte. Il impose très vite son autorité sur le pays, en s'appuyant sur l'armée.

Il fait aussi venir de Syrie les membres de sa famille qu'il place partout aux postes de responsabilité. Solidement installé au pouvoir, il repousse une tentative de débarquement des croisés de Palestine et des Byzantins à Damiette, dans le delta du Nil.

Sous l'influence de ses officiers syriens qui s'affligent du grand nombre d'églises et de synagogues qui subsistent dans la vallée et le delta du Nil, il prend des mesures de répression contre les non-musulmans juifs ou chrétiens, appelés «protégés» (dhimmis en arabe coranique). Ceux-ci sont astreints à de lourds impôts, interdits de porter des armes et de monter à cheval, contraints de porter un vêtement de reconnaissance,...

De plus en plus indépendant, Saladin prend ses distances avec son ancien suzerain Nour el-Dîn, l'atâbeg de Syrie, qui lui demande de lui remettre le gouvernement de l'Égypte. En désespoir de cause, le vieil atâbeg exige de son ancien lieutenant qu'il ordonne de lancer l'appel à la prière dans les mosquées du Caire au nom du calife sunnite de Bagdad et non du calife fatimide d'Égypte, de confession chiite (*).

Saladin, qui craint une révolte populaire, hésite longuement. Mais la mort du calife hérétique va lui faciliter la tâche. Il abolit le califat fatimide. Il n'y a plus désormais qu'un seul calife ou chef spirituel pour l'ensemble des musulmans, celui de Bagdad.

Par la même occasion, en septembre 1171, Saladin se donne le titre prestigieux de sultan. Il n'en reste pas moins prudent. C'est ainsi qu'il envoie l'un de ses frères s'emparer du Yémen, à la pointe de la péninsule arabe, pour s'y replier dans l'éventualité d'un retournement du destin. Mais celui-ci lui restera favorable...

Nour el-Dîn s'apprête à marcher contre lui mais il tombe malade et meurt à Damas le 15 mai 1174, ne laissant qu'un enfant pour successeur.

Là-dessus, le 11 juillet de la même année, à Jérusalem, le roi Amaury 1er meurt du typhus. Pour les croisés établis en Palestine depuis trois générations, c'est une perte immense. À ce vigoureux souverain, qui aurait pu contrarier les projets de l'ambitieux Saladin, succède un enfant de 13 ans, Baudouin IV, courageux jusqu'à l'héroïsme mais atteint d'une terrible maladie qui l'emportera à 24 ans : la lèpre !

Saladin peut ainsi conquérir la Syrie et soumettre les principautés turques de Mésopotamie (l'Irak actuel). Mais ses domaines restent séparés par les États francs de Palestine, fondés par les croisés 75 ans auparavant, et les communications par la vallée du Jourdain sont constamment menacées par le seigneur de Kérak et d'outre-Jourdain, le redoutable Renaud de Châtillon.

Ayant bâti un empire syro-égyptien, Saladin va désormais diriger ses coups contre les croisés de Palestine. Ce sera la victoire de Hattîn et la reconquête de Jérusalem.

 

25 novembre 1465 
Un pèlerin peu ordinaire

Le 25 novembre 1465, Léon de Rosmital, seigneur tchèque, part de Prague pour «rendre visite à tous les royaumes chrétiens mais aussi à toutes les principautés religieuses et civiles en terres germaniques et romanes et tout particulièrement au Saint-Sépulcre et au tombeau du bien-aimé apôtre Jacques», à Compostelle, en Espagne.

Un pèlerinage très tendance!

À Saint-Jacques-de-Compostelle, à l'extrémité de la Galice, le tombeau de l'apôtre Jacques le Majeur est, depuis l'An Mil, le pèlerinage le plus populaire d'Occident.

Ce pèlerinage a été trop souvent réduit à des stéréotypes de pèlerins pieux et pauvres. L'histoire du seigneur tchèque Léon de Rosmital, au XVe siècle, témoigne d'une réalité très différente.

Un diplomate aux allures de pèlerin

Un grand seigneur très pieux ? Certes, mais Léon de Rosmital donne à son pèlerinage des raisons surprenantes. Ce départ, dit-il, doit lui permettre de «tirer au mieux profit et avantage pour sa propre vie», de «s'exercer dans l'art militaire» et «d'étudier les usages des différents pays».

Ces motivations personnelles cachent en fait une mission diplomatique, secrète par essence. Il part en ambassadeur du roi de Bohême, Georges Podiebrad, afin de convaincre les rois des pays qu'il va visiter d'adhérer à un grand projet, une fédération européenne des différents royaumes et principautés, indépendante du pape et de l'Empereur germanique (deux puissances qui le gênent dans sa politique).

Le roi de France Louis XI est séduit par ce projet qui place la France à la tête de cet organisme. Afin de convaincre les autres souverains, Georges Podiebrad s'offre à les aider à lutter contre l'avance turque dans le monde chrétien en mobilisant cette fédération d'États. Il propose en outre un conseil permanent chargé de régler les litiges réciproques des princes.

C'est ainsi que Léon de Rosmital rencontre, outre Louis XI, le duc de Bourgogne Philippe le Bon, le roi d'Angleterre Édouard IV, le roi de Castille Henri IV, le roi du Portugal Alphonse V et le roi d'Aragon Jean II.

Les rencontres sont entrecoupées de visites à différents sanctuaires. En chaque lieu, on lui montre les reliques les plus précieuses (dont la tête de saint Jacques à Saumur).

Le pèlerinage n'a rien d'austère. Il est agrémenté de nombreuses fêtes données en l'honneur de l'illustre pèlerin. Léon de Rosmital participe à de grands dîners, à des bals, à plusieurs tournois, et assiste en spectateur passionné à des combats à cheval contre des taureaux. Chemin faisant, il note ses impressions devant les sites et les populations, se conformant en cela à ses intentions de départ.

Léon de Rosmital arrive à Saint-Jacques-de-Compostelle le 15 août 1466, dans une ville où la guerre civile fait rage : deux archevêques se disputent le siège. L'un est emprisonné. Les chanoines refusant de payer sa rançon sont enfermés dans la cathédrale, avant que la famille du prisonnier ne le soit à son tour.

Les assiégés incendient les maisons voisines. Enfin, l'assaut est donné au moment de l'arrivée de Rosmital. Après mille difficultés, il peut enfin effectuer les gestes rituels autour du tombeau de saint Jacques.

Bibliographie

Denise Péricard-Méa est l'auteur d'un ouvrage illustré destiné augrand public : Dans les pas de saint Jacques (Paris, Tallandier-Historia, septembre 2001). Elle a aussi publié dans le magazine L'Histoire (octobre 2001) : Le pèlerinage à Compostelle a-t-il existé ? Sa thèse de doctorat a été publiée sous le titre : Compostelle et cultes de saint Jacques au Moyen Âge (Paris, PUF 2000).

Sur le voyage de Léon de Rosmital, on peut lire aussi : De la Bohême jusqu'à Compostelle. Aux sources de l'idée d'union européenne. Projet du roi Georges de Podebraady (1464). Récit du voyage en Europe du seigneur Léon de Rozmital (1465-1467) (Atlantica-Séguier, novembre 2008).


25 novembre 1510 
Albuquerque conquiert Goa

Le 25 novembre 1510, Alfonso de Albuquerque entre en conquérant dans la cité de Goa, sur la côte occidentale de l'Inde. La ville va devenir jusqu'en... 1961 la capitale des Indes portugaises.

25 novembre 1885 
Les Anglais annexent la Birmanie

Le 25 novembre 1885, les Anglais font la conquête de la Birmanie. Le royaume s'ajoute pour quelque temps à leur empire colonial des Indes. Il deviendra indépendant 60 ans plus tard.

25 novembre 1911 
Zapata publie le «Plan de Ayala»

Le 25 novembre 1911, le révolutionnaire mexicain Émiliano Zapata publie un généreux programme de réforme agraire, le «Plan de Ayala».

25 novembre 1936 
Pacte anti-soviétique nippo-allemand

Le 25 novembre 1936, l'Allemagne nazie et les généraux qui règnent en maître au Japon signent un pacte anti-soviétique. L'Italie, déçue par l'attitude des Occidentaux après sa conquête de l'Éthiopie, y adhère le 6 novembre 1937. C'est l'amorce d'une alliance entre les trois dictatures.

C'est sa fête 
Catherine

Confrontée à une cinquantaine de sages par l'empereur Maxence (début du IIIe siècle), la sainte de ce 25 novembre leur aurait si bien parlé qu'ils se seraient aussitôt convertis au christianisme. Furieux, l'empereur aurait fait brûler les philosophes... et proposé à la jeune fille de l'épouser ! Sur son refus, il l'aurait condamnée au supplice et à la décapitation.

La tradition catholique a fait de sainte Catherine la patronne des philosophes. Le célèbre monastère du mont Sinaï lui est consacrée.

Selon une légende tardive, Catherine se serait convertie au christianisme car elle voulait épouser le meilleur parti possible. Et ce fut Jésus ! Ému par sa ferveur, celui-ci aurait en songe passé l'anneau nuptial à son doigt. Nul ne sait s'il y a un lien entre ce mariage mystique et la tradition qui conduisit plus tard les demoiselles de 25 ans à coiffer la statue de la sainte.

Les jardiniers, quant à eux, connaissent bien le dicton :«À la Sainte Catherine, tout bois prend racine». C'est le moment pour eux de planter arbres et arbustes.


Naissance
Jean XXIII
25 novembre 1881 à Bergame (Italie) - 3 juin 1963 à Rome (Italie)

 

Né Angelo Roncalli, le pape Jean XXIII convoque le concile Vatican II pour une modernisation («aggiornamento») de l'Église catholique...

 


Décès
Jacques Coeur
1395 à Bourges - 25 novembre 1456 à Chio (Grèce)

 

Fils d'un riche marchand de peaux, Jacques Coeur manque de mal tourner en appliquant son génie de la finance à une affaire de faux-monnayage. Cette erreur de jeunesse pardonnée, il rend des services au roi Charles VII, réfugié à Bourges pendant la terrible guerre qui l'affronte à son rival anglais. À l'image des grands hommes d'affaires italiens de son époque, Jacques Coeur commerce avec le Levant et se rend lui-même en Syrie.

Sa fortune et son talent lui valent d'être nommé par Charles VII maître des monnaies puis argentier, enfin d'entrer au Conseil du roi. Il contribue au redressement du pays et de la monarchie après l'éviction des Anglais. Mais sa puissance, sa richesse et son orgueil suscitent des jalousies à la cour. Il se tire d'affaire tant qu'il bénéficie de la protection de la maîtresse du roi, la douce Agnès Sorel.

Lorsque meurt celle-ci, voilà que le marchand est accusé de l'avoir empoisonnée ! Il passe en jugement et ses malversations sont étalées au grand jour (comme tout grand ministre de la monarchie, il use en effet de son pouvoir pour accroître sa richesse personnelle). Après trois ans de forteresse, il trouve refuge auprès du pape. Il meurt à Chio le 25 novembre 1456 à la tête d'une croisade contre les Turcs lancée par le pape Calixte III. Il a été réhabilité par le fils de l'ingrat Charles VII, le roi Louis XI.

Jacques Coeur a repris à son compte la devise de la seigneurie de Saint-Fargeau : «A vaillans [cuers], riens impossible» («À coeur vaillant, rien d'impossible») lorsqu'il a été anobli en 1440.

Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE - Publié dans : Histoire
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