Le 30 novembre 1700, le roi de Suède Charles XII bat les armées russes de Pierre le Grand à Narva après avoir imposé la
paix aux Danois.
Le 30 novembre 1807, le général Andoche Junot s'empare de Lisbonne pour le compte de Napoléon 1er.
Volontaire de 1792, le sergent Junot est remarqué par Bonaparte au siège de Toulon l'année suivante, en 1793, et devient son aide de camp. Plus tard blessé à la tête, son équilibre mental commence à être affecté. Il est récompensé de la prise de Lisbonne par le titre de duc d'Abrantès. Mais il est quelques mois plus tard battu à Sintra, au nord de Lisbonne, par Arthur Wellesley, futur duc de Wellington et vainqueur de Waterloo. Junot doit abandonner le Portugal. Devenu fou, il se suicide le 29 juillet 1813, à 42 ans.
Le 30 novembre 1939, Staline lance les troupes soviétiques à l'assaut de la petite Finlande.
La Finlande s'était émancipée de la Russie pendant la Grande Guerre de 1914-1918 et la frontière entre les deux pays avait été établie à quelques dizaines de kilomètres de Petrograd (aujourd'hui Saint-Pétersbourg).
En 1939, tandis qu'il partage la Pologne avec Hitler, Staline s'inquiète de la vulnérabilité de cette frontière et du risque d'une invasion de la deuxième région économique de l'URSS via la Finlande.
Il propose aux Finlandais de reculer leur frontière méridionale, dans l'isthme de Carélie, en échange de vastes territoires situés plus au nord. Il demande aussi de pouvoir installer une base navale à Hanko, à la pointe sud du pays.
Le gouvernement finlandais veut bien négocier un échange de territoires mais refuse de sacrifier sa souveraineté en cédant une base. Loin de chercher un quelconque arrangement avec le dictateur, il renforce ses fortifications frontalières longues de 140 km et connues sous le nom de «ligne Mannerheim», du nom d'un maréchal finlandais qui avait repoussé les bolcheviques en 1917.
Finalement, Staline attaque son voisin sans prendre la peine de lui déclarer la guerre. La Finlande, qui ne dispose que de 265.000 hommes, 270 avions et 26 tanks, doit faire face à 400.000 hommes de l'Armée rouge, équipés de 1500 avions et autant de tanks.
Malgré la disproportion des forces et la brutalité de l'attaque, du golfe de Finlande à l'océan Arctique, les Soviétiques piétinent plusieurs mois sur la frontière et les Finlandais remportent même de nettes victoires au nord.
Cette «Guerre d'Hiver» se traduit par de lourdes pertes pour l'Armée rouge, d'autant que les Français et les Anglais, en guerre déclarée contre Hitler, ont à coeur de soutenir le peuple finlandais en lutte contre Staline, lié au Führer allemand par un pacte de non-agression.
Les Occidentaux caressent l'espoir illusoire que des opérations militaires comme celle-là leur permettront de faire l'économie d'une attaque frontale de l'Allemagne. Sur une idée du Premier Lord de l'Amirauté, le ministre britannique de la marine Winston Churchill, les Français et les Anglais entreprennent même une expédition en... Norvège pour tenter de soutenir les Finlandais.
Staline finit par conquérir la partie orientale de la Finlande et conclut un traité avec son ennemie le 12 mars 1940. Mais sa victoire à l'arraché a pour effet d'isoler un peu plus l'URSS sur le plan international. Elle met aussi en évidence la médiocrité du commandement soviétique et la faible motivation des troupes. Vorochilov, commissaire du peuple (ministre) à la Défense, est d'ailleurs démis de ses fonctions dès le 7 mai.
Ce désastre va fournir d'utiles enseignements à Hitler quand il prendra la décision d' attaquer son associé le 22 juin 1941.
Alliés à leur tour aux Allemands, les Finlandais reprendront l'offensive en 1941 mais, en 1944, suite à la défaite de leur encombrant allié, ils devront accepter une mise sous tutelle soviétique...
Le 30 novembre 1974, dans les collines desséchées de l'Afar, au nord-ouest de l'Éthiopie, les anthropologues Tom Gray, Donald Johanson et Maurice Taïeb découvrent
52 restes d'un squelette vieux de 3 millions
d'années, Lucy. Lucy appartient à l'espèce Australopithecus afarensis, du groupe des australopithèques (ou «singes du sud», en
latin et grec)...
Pêcheur à Capharnaüm, sur les bords du lac de Tibériade, André est un jour convié par Jésus à le suivre. Il convainc son frère Simon (qui sera plus tard appelé Pierre) de rejoindre également le Christ. Après l'Ascension du Christ, l'Esprit Saint descend à la Pentecôte sur les apôtres et leur demande d'enseigner l'Évangile à toutes les nations. C'est ainsi qu'André va évangéliser la Grèce.
Selon une tradition tardive, l'apôtre est crucifié à Patras sur une croix en X. Il va
devenir le saint patron de la Russie comme de l'Écosse. La croix de Saint-André se retrouve sur le drapeau de l'Écosse puis sur l'Union Jack qui symbolise depuis le XVIIe siècle l'union
de l'Angleterre et de l'Écosse.
Les reliques de l'apôtre ont quitté Patras après la conquête turque du Péloponnèse et été offertes au pape. En 1980, le
pape Jean-Paul II a restitué ces reliques à la cathédrale de la ville où elles sont aujourd'hui conservées.
Le duc Jean de Berry est le troisième fils du roi Jean II le Bon. Comme ses autres frères, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, et Louis, duc d'Anjou, il profite de la folie de son neveu, le roi Charles VI, pour s'enrichir aux dépens du Trésor.
Amateur d'art, le duc commande un livre de prières (ou livre d'heures) aux trois frères Paul, Jean et Herman de Limbourg. Ces Très riches Heures du duc de Berry ne seront terminées que bien après la mort du duc (15 juin 1416) par l'atelier des enlumineurs. Elles constituent un chef-d'oeuvre artistique du Moyen Âge finissant avec leurs miniatures illustrant notamment les douze mois de l'année (ci-dessus le mois de janvier). Elles sont aujourd'hui conservées au musée Condé, dans le magnifique château de Chantilly, au nord de Paris.
La miniature ci-dessus, extraite des Très Riches Heures (le mois de janvier), nous montre le duc de Berry en houppelande bleue et toque de fourrure recevant les voeux de ses amis au cours d'un fastueux banquet.
L'auteur célébrissime des Voyages de
Gulliver (1720) est né à Dublin, en Irlande, dans une famille anglicane d'origine anglaise. Il entre au service d'un diplomate prestigieux, Sir William Temple, avant d'être nommé pasteur
d'une paroisse proche de Belfast.
Il met son talent de satiriste au service de ses opinions politiques libérales. En 1704, Le conte du tonneau a l'heur de déplaire à la reine Anne et son auteur doit dès lors se cantonner en Irlande. Là, il ne tarde pas à souffrir des discriminations qui frappent les habitants de l'île, tant catholiques qu'anglicans.
Il est l'un des premiers Irlandais à se révolter contre cet état de fait. C'est ainsi qu'il publie en 1720 un Appel pour la consommation exclusive de produits irlandais d'où est tiré l'ironique formule : «Brûlez tout ce qui vient d'Angleterre, hors le charbon».
En 1729, trois ans après la publication de son chef d'oeuvre, Les voyages de Gulliver (à la fois conte d'enfant et satire de la société moderne), il récidive avec une Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres d'être à la charge de leurs parents ou de leur pays et pour les rendre utiles au public.
Dans ce pamphlet inspiré par la profonde misère qui sévit en Irlande, il propose rien moins que de rôtir et manger les enfants en surnombre : «Quand à notre ville de Dublin, on pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu'on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d'acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer "au sang" comme les cochons à rôtir»...
Winston Churchill, qui descend du célèbre duc de Marlborough, est un génie de la politique doté de multiples dons (courage physique, mémoire et imagination
phénoménales,…).
En dépit d'études médiocres, il s'illustre comme journaliste de guerre et officier de cavalerie avant de faire ses preuves comme député et ministre. Lord de l'Amirauté en 1914, il lance la
Navy dans la Première Guerre mondiale. Mais son tempérament imprévisible l'empêche de déployer toutes ses ressources.
Après une longue traversée du désert dans les années 1930, durant laquelle il prend conscience du danger que constituent Hitler et le nazisme, il est appelé en catastrophe à la tête du
gouvernement britannique le jour même où la Wehrmacht envahit la Belgique et la France.
Il a 67 ans quand, sous sa direction, la Grande-Bretagne va, seule pendant un an («the lonely year»), tenir tête à Hitler... Cette année précieuse laissera aux Américains et aux
Soviétiques le temps d'entrer en scène et d'écraser le nazisme.
En un an, le «vieux lion» aura servi l'humanité mieux qu’aucun homme politique avant lui, sans jamais trahir les idéaux de la démocratie. Écrivain prolifique, au demeurant plein
d'humour, il trouvera encore le temps d'obtenir le prix Nobel de littérature avec ses Mémoires.
L'écrivain irlandais Oscar Wilde écrit de
nombreuses pièces (Salomé,...), des essais et des nouvelles, mais un seul roman : Le portrait de Dorian Gray. Malgré son mariage et la naissance de deux fils, il cultive un
comportement de dandy provocateur.
Coqueluche de Londres, il affiche sa liaison avec le fils d'un marquis, Lord Alfred Douglas. Celui-ci l'ayant publiquement traité de «sodomite», il commet l'imprudence de le poursuivre en justice. En définitive, Oscar Wilde est lui-même condamné à deux ans de travaux forcés pour homosexualité le 27 mai 1895.
Après sa peine, très éprouvante, il s'installe en Normandie puis à Paris. Il succombe à une méningite cérébrale à l'hôtel d'Alsace et repose depuis lors au cimetière du Père-Lachaise.
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