C'est le début de la fin pour la Bretagne indépendante...
Le 19 août 1488, par le traité du Verger, le duc François II a dû promettre au roi de France que sa fille et héritière Anne ne se marierait pas sans sonconsentement. Et voilà qu'il meurt trois semaines après la signature du traité, le 4 septembre 1488, à 53 ans ! Anne lui succède à la tête du duché.
Née à Nantes le 25 janvier 1477, la petite
duchesse a onze ans seulement mais devient l'objet des convoitises des princes les plus puissants d'Europe car de son futur mariage dépend le sort de la Bretagne.
Les seigneurs bretons, soucieux de leur indépendance, craignent plus que tout le roi de France, trop proche. En 1490, ils prient Anne d'épouser par procuration le futur empereur d'Allemagne Maximilien 1er de Habsbourg (31 ans).
Faute de pouvoir se rendre à Rennes, Maximilien délègue l'un de ses compagnons, le maréchal Wolfang von Polheim. Selon la coutume, celui-ci glisse sa jambe nue dans le lit de la fillette pour valider l'union par procuration.
Le roi de France Charles VIII n'ayant pas été consulté, il s'agit d'une violation caractérisée du traité du Verger, d'autant plus inacceptable pour la France qu'elle menace celle-ci d'un encerclement par les domaines des Habsbourg.
Le roi Charles VIII, piqué au vif, marche sur le duché à la tête de ses troupes. Après la prise de Nantes et le siège de Rennes, Anne comprend qu'elle ne peut pas compter sur le soutien de son lointain mari, d'autant que celui-ci est occupé à combattre les Turcs.
La jeune duchesse se résigne donc à épouser Charles VIII. Le roi de France, qui avait été fiancé 7 ans plus tôt à une fillette de 3 ans, n'a pas de scrupule à renvoyer sa promise, Marguerite d'Autriche, chez son père qui n'est autre que Maximilien !
Comme le roi ne veut pas heurter inutilement la susceptibilité du fiancé éconduit ni risquer un enlèvement d'Anne, c'est en catimini que les futurs époux se retrouvent à Langeais, non loin de la frontière entre le royaume et le duché.
Le château appartient à la famille de Dunois, un ancien compagnon de Jeanne d'Arc. Dans la nuit, les compagnons du roi vont quérir un notaire dans la ville voisine et les deux conjoints se font une mutuelle donation sur le duché, en présence d'une assistance triée sur le volet, incluant le diplomate Jean d'Amboise et bien sûr Anne de Beaujeu, soeur aîné du roi et régente du royaume.
Il reste encore une petite formalité : l'annulation du mariage d'Anne et Maximilien ! Le pape se résigne à la signer (et à l'antidater) trois mois après la cérémonie de Langeais.
Ainsi la Bretagne rentre-t-elle dans le giron capétien. Elle deviendra formellement française à la génération suivante, en 1532, quand les états généraux de Vannes approuveront le rattachement du duché au royaume de France tout en préservant leurs privilèges ainsi que l'autonomie judiciaire et fiscale du duché.
Le 6 décembre 1914, Pancho Villa et Émiliano Zapata entrent ensemble à Mexico au terme de quatre ans de luttes révolutionnaires
mais leur succès est éphémère et ils sont chassés de la capitale mexicaine par le dictateur Carranza.
Le 6 décembre 1917, la Finlande s'émancipe de la Russie et proclame son indépendance en profitant des désordres occasionnés par la guerre de 1914-1918 et les Révolutions russes de 1917.
Le 6 décembre est fête nationale en Finlande en souvenir d'une indépendance chèrement acquise cependant que le 28 février, anniversaire de la publication du Kalevala, est l'occasion de célébrer l'identité finlandaise.
La Finlande (en finnois Suomi ou pays des Mille Lacs) a été initialement peuplée par des Lapons puis occupée au début de l'ère chrétienne par des nomades apparentés aux Estoniens et aux Hongrois. Ils ont légué au pays une langue très particulière du groupe finno-ougrien, proche du mongol et du turc !
Les Suédois et leur roi Éric IX le Saint occupent le pays en 1157 et l'évangélisent. Ils se montrent plutôt respectueux des Finlandais mais ont de plus en plus de mal à les tenir à l'écart des convoitises russes.
À l'époque napoléonienne, la Suède doit céder la Finlande au tsar Alexandre 1er par le traité d'Hamina ou Fredrikshamm du 17 septembre 1809. Le pays devient dès lors un grand-duché autonome dont les tsars de Russie sont les titulaires.
Helsinki, fondée en 1550 par le roi de Suède Gustave Vasa, est érigée en 1812 en capitale du grand-duché en lieu et place de Turku, vieille ville médiévale, elle aussi fondée par les occupants suédois. Le nom de l'actuelle capitale est une version finnisée du suédois Helsingfors qui signifie «la cascade des Helsingar»).
Alexandre II, un tsar au destin émouvant, témoigne à l'égard des Finlandais comme de ses autres sujets d'une remarquable ouverture d'esprit. C'est ainsi que sous son règne s'épanouit une littérature nationale.
Le 28 février 1835, un médecin de campagne finlandais de 33 ans, Elias Lönnrot, publie un recueil de 32 chants inspirés des contes traditionnels de Carélie sous le nom de Kalevala (le Pays des héros). Ce recueil devient le fondement de la culture finlandaise. Deux grands artistes finlandais, le peintre Akseli Callen-Kallela (1865-1931) et le compositeur Jean Sibelius (1865-1957), y puisent une bonne part de leur inspiration.
En témoignage de reconnaissance pour le «tsar libérateur» Alexandre II, les Finlandais ont érigé sa statue sur la place du Sénat, à Helsinki. Celle-ci serait l'une des rares statues de tsar encore debout dans le monde (une autre statue d'Alexandre II est visible à Sofia, en Bulgarie, et Pierre le Grand trône toujours dans sa ville de Saint-Pétersbourg) !
Le 20 juillet 1906, le petit-fils d'Alexandre II, le tsar Nicolas II, en butte à des difficultés nombreuses, concède aux Finlandais de très grandes libertés, y compris le droit de vote pour les femmes. C'est une première européenne !
Devenu totalement indépendant le 6 décembre 1917, après huit siècles de tutelles diverses, le pays doit encore se défendre contre une tentative de reprise en main par les bolcheviques finlandais, alliés aux Russes.
Il s'ensuit une guerre civile de plusieurs mois. Les troupes gouvernementales sont commandées par un énergique général finlandais, le baron Carl Gustaf von Mannerheim (51 ans). Elles l'emportent sur les gardes rouges bolcheviques à Vyborg le 30 avril 1918. L'indépendance de la Finlande est désormais effective.
Mais les Finlandais commettent la maladresse de se donner pour roi un prince allemand, Frédéric Charles de Hesse, un mois avant l'armistice du 11 novembre qui allait consommer la défaite de l'Allemagne ! Après la Grande Guerre, le roi doit abdiquer devant l'ire des Alliés. Mannerheim devient régent dans l'attente d'une solution de rechange. Finalement, il s'efface à son tour le 17 juillet 1919 avec la proclamation de la République.
En 1940, Staline met à profit son alliance avec Hitler pour attaquer la Finlande, sans déclaration de guerre préalable.
Après une éprouvante «Guerre d'Hiver», la Finlande s'incline par le traité de Moscou du 12 mars 1940, et cède à Staline la province orientale du pays, la Carélie (celle-ci, aujourd'hui, fait encore partie de la Russie). Mais, dès l'année suivante, elle tente de prendre sa revanche en joignant ses troupes à celles de Hitler dans l'invasion de l'URSS. Encore un mauvais calcul !
Après l'effondrement du nazisme et le triomphe de Staline, la Finlande échappe de peu à une annexion pure et simple par l'URSS. Par le traité de Paris du 10 février 1947, elle recouvre son indépendance, amputée de la Carélie, verse un lourd tribut aux Soviétiques et doit se résigner à subordonner sa politique étrangère à celle de l'URSS en échange de la préservation de ses institutions démocratiques (c'est ce qu'on appellera jusqu'à la fin de la guerre froide la «finlandisation» !).
Depuis le 1er janvier 1995, la Finlande fait partie de l'Union européenne. Petit pays prospère de 5 millions d'habitants sur un territoire grand comme les 2/3 de la France, connu pour ses forêts, ses usines de pâte à papier... et ses téléphones mobiles de la marque Nokia, elle appartient aussi à la zone euro.
Évêque de Myre (Asie Mineure) au IVe siècle, Nicolas aurait ressuscité des enfants mis au saloir par un méchant aubergiste. Ce saint est encore aujourd'hui très populaire en Russie, en Pologne, dans les pays germaniques ainsi qu'en Lorraine, en Alsace, en Belgique et aux Pays-Bas. Il est connu dans ces pays sous les noms de Saint Nicolas, Sankt Niklaus, Saint Niclaus ou encore Sinter Klaas. La première mention du saint remonte au début du Moyen Âge en Belgique francophone (Wallonie) comme en Flandre. Il est dans ces pays le patron des enfants mais aussi des passeurs d'eau et des bateliers.
Dans le Nord de la France, Saint Nicolas rencontre aussi les enfants et distribue des bonbons aux plus sages... Les garçons reçoivent des cartes de Saint Nicolas (tout comme les filles ont pu recevoir des cartes de Sainte Catherine quelques jours plus tôt).
En Pologne, les enfants déposent la veille leurs chaussures à la porte de leur chambre. À leur lever, ils trouvent de petits cadeaux, surtout des bonbons et du chocolat. Ils reçoivent aussi un petit diable en fourrure de lapin, attaché à une fine branche dorée, symbole de punition. En Lorraine, dont il est le patron, ainsi qu'en Alsace, Saint Nicolas a coutume de parcourir les rues le jour de sa fête avec le père Fouettard. Le premier récompense les enfants sages, l'autre menace d'emporter dans sa hotte les enfants désobéissants. À Fribourg, en Suisse romande, la Saint Nicolas donne lieu à un grand défilé.
Ces traditions ont pris aux États-Unis la forme du Père Noël (Santa Claus pour les Américains).
Le peintre Jean-Frédéric Bazille figure parmi les fondateurs de l'école impressionniste. Il est l'inventeur de la peinture en tube métallique prête à l'usage, qui révolutionna le métier en permettant aux artistes de sortir plus aisément de leur atelier et de travailler en pleine nature (ce fut véritablement l'acte fondateur de l'impressionnisme). Jean-Frédéric Bazille sera tué au combat pendant la guerre franco-prussienne de 1870.
Le peintre Jean Baptiste Siméon Chardin se rendit célèbre par ses natures mortes et ses pastels.
Nicolas
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